Pacifique : Le 12eme colloque de Linguistique Océanienne lancé à l’Université de la Polynésie

Pacifique : Le 12eme colloque de Linguistique Océanienne lancé à l’Université de la Polynésie

Le 12eme colloque de Linguistique Océanienne (12th Conference on Oceanic Linguistics) a été lancé ce mardi à l’Université de la Polynésie française. Jusqu’au 9 septembre, chercheurs et linguistes se rassemblent pour « dynamiser les langues océaniennes ».

Cette grand-messe internationale sur les langues océaniennes regroupe des chercheurs et linguistes de renom qui évoqueront la place et l’évolution des 500 langues issues du proto-océanien, dont la quarantaine de langues polynésiennes, parlée il y a 3500 ans dans l’archipel de Bismarck, en Papouasie-Nouvelle-Guinée et qui, au fil du temps, se sont répandues dans le Pacifique avec les migrations, jusqu’à l’île de Pâques. 

Intitulée le COOL12, cette conférence initiée en 1993 au Vanuatu a pour but de comparer le dynamisme des 500 langues parlées dans le Pacifique. « C’est à la fois de voir à quel point les recherches ont évoluées, et comment nous même ici pour nos langues polynésiennes, comment on peut redoubler d’actions pour sauvegarder, valoriser les langues polynésiennes », explique Mirose Paia, maître de conférence et coordinatrice de l’événement, interrogée par TNTV. 

« L’objectif de ce cycle est de faire un état de l’art régulier, en moyenne tous les deux ans, de la recherche internationale sur les langues du groupe phylogénétique océanien de la famille austronésienne. Les communications relèvent de la linguistique descriptive, de la linguistique historique, de la sociolinguistique, de la documentation linguistique, de la didactique des langues, de l’ethnolinguistique ou de la psycholinguistique » explique plus précisément l’Université de la Polynésie (UPF). 

70 chercheurs et spécialistes linguistiques locaux et internationaux, auront ainsi pour mission d’évoquer l’évolution et les outils utilisés pour maintenir ces langues au sein de leur population. Une aubaine pour les étudiants qui ont décidé de vouer leur carrière au rayonnement de leurs langues maternelles… 

Ragihau Huet est étudiant en 3e année de licence langues polynésiennes : « Face aux chercheurs. En les écoutant et en échangeant avec eux, les étudiants pourront se rendre compte de ce qu’est la recherche et comment elle peut avoir un impact non seulement sur les étudiants donc sur le public mais de manière générale sur les connaissances qu’on a ici par exemple des langues océaniennes. Comment est-ce qu’on les utilise et possiblement où est-ce qu’on va avec ce genre de langues ? Quel est leur futur et qu’est-ce qu’on peut attendre de leur utilisation dans le futur ? ».

La 12e édition du Colloque de linguistique océanienne ou COOL 12 est gratuite. Elle se tient jusqu’au 9 septembre sur le campus de l’université. Deux thèmes sont à l’honneur : l’histoire des langues polynésiennes de l’est ; et les savoirs en langues océaniennes sur les écosystèmes insulaires. Les ministres de l’Éducation et de la Culture en Polynésie, Christelle Lehartel et Heremoana Maamaatuaiahutapu, ont participé à l’ouverture du colloque, en compagnie du président de l’UPF, Patrick Capolsini. Les représentants des 3 académies de langues polynésiennes, Fare vāna’a, Te PūTuhuka eō ‘enāna, Karuru vanaga, étaient également présents.

« Au nom du Gouvernement de Polynésie française, le ministre de la Culture a salué les scientifiques et les organisateurs. Il a tenu à rappeler que les langues océaniennes de tradition orale et les communautés de locuteurs ont survécu à bien des épreuves » indique un communiqué du gouvernement local, soulignant les nombreuses adaptations passées et à venir : l’écriture, l’imprimerie, le numérique et les menaces climatiques.

Avec TNTV