Dans le cadre des objectifs du Schéma de Transition Énergétique Révisé (STENC 2.0), la Nouvelle-Calédonie étudie les potentiels du développement de la filière hydrogène. Ce mardi 12 juillet 2022, à la Station N, Christopher Gygès, membre du gouvernement chargé de la transition énergétique et du développement des énergies renouvelables, a réuni les acteurs du secteur de l’énergie pour analyser les perspectives de développement.
L’hydrogène est un secteur qui suscite l’intérêt à travers le globe dans le cadre de la réduction des impacts environnementaux et de la décarbonation de l’énergie.
Ses potentiels vont des transports terrestres lourd et maritime au secteur industriel, en passant par la production et le stockage d’électricité.
Autre potentiel évoqué de la filière, la possibilité de fabrication d’e-methanol, un carburant de synthèse obtenu par un mélange d’hydrogène et de rejets de C02 produits par les métallurgistes.
Selon Sylvain David, responsable de la transition énergétique à Prony Resources, cela signifierait « valoriser les émissions de gaz à effet de serre produites par l’industriel et de poursuivre l’engagement de son groupe vers la transition énergétique ».
Il est à noter la différence existante entre hydrogène gris et hydrogène vert. Le premier est issu à 98 % de la transformation d’énergies fossiles, dont près de la moitié à partir du gaz naturel.
Le second, se référant à la production d’hydrogène par électrolyse, montre encore un coût élevé, mais qui a tout de même été divisé par dix depuis 2010, et qui « est amené à baisser considérablement à l’horizon 2050 », a indiqué Philippe Duclos, président du cabinet de conseils Antheus qui a réalisé l’étude commanditée par l’Agence calédonienne de l’énergie (ACE) sur les atouts et des défis liés au développement d’une filière hydrogène en Nouvelle-Calédonie.
Une filière d’avenir certain selon Christopher Gygès, qui affirme vouloir « positionner la Nouvelle-Calédonie dans la production d’un hydrogène vert grâce au développement du photovoltaïque ».
L’hydrogène est déjà en Nouvelle-Calédonie
Le territoire connaît d’ores-et-déjà plusieurs projets pilote dans le secteur de l’hydrogène.
Engie a notamment mis en place un électrolyseur de 30 kilowatts chez EEC à Nouméa, pour alimenter deux véhicules, et le groupe projette d’installer un second électrolyseur à Bourail, alimenté par une centrale photovoltaïque de 3 mégawatts, dans le but de faire fonctionner deux à quatre véhicules à hydrogène.
Le fournisseur d’énergie envisage également de produire du e-méthane par captation de C02 afin de contribuer à un transport maritime décarboné, et des discussions doivent être menées en ce sens avec la Compagnie CMA-CGM, qui doit acquérir de nouveaux bateaux.
De son côté, l’ACE travaille sur quatre projets liés au transport maritime, dont une navette entre Païta et le Mont-Dore avec une capacité de 100 passagers.
L’Agence calédonienne de l’énergie va plus loin, et souhaite « lancer des appels à projets pour trouver des partenaires financiers, et démarrer les différentes constructions l'année prochaine », d’après Jean-Christophe Rigual, ingénieur énergie de l'établissement public.
Dans le cadre de ce projet territorial, Christopher Gygès se rendra dans l’Hexagone en septembre 2022 pour participer aux échanges liés au plan France Hydrogène afin de présenter ces initiatives portées par la Nouvelle-Calédonie.
Damien CHAILLOT























