Nouvelle-Calédonie : Un dispositif incitatif pour attirer les professionnels de santé par la Province Sud

© Province Sud

Nouvelle-Calédonie : Un dispositif incitatif pour attirer les professionnels de santé par la Province Sud

Alors que la désertification médicale est une problématique de plus en plus prégnante en Nouvelle-Calédonie, la Province Sud souhaite proposer une solution à ce phénomène de plus en plus problématique à l’échelle de sa zone d’influence. Un dispositif formulé autour d'une incitation financière de 6 millions de Francs CFP (env. 50.000€), avec plusieurs en contreparties, dont celle d’un impératif d’installation de 3 ans minimum du praticien dans une zone identifiée.



Si les centres médico-sociaux de la Province Sud sont relativement épargnés par le déficit de praticiens, le secteur privé se trouve plus en difficulté et pourrait manquer d’une quinzaine de médecins dans les années à venir.

Face à cette situation et la tension réelle concernant la densité de médecin par habitant, évalué à 0,58 au lieu de 1 médecin pour 1000 habitants, selon Sonia Backès, présidente de la Province Sud, l’institution doit parvenir à « proposer une offre médicale suffisante à nos concitoyens ».

Afin d’éviter une potentielle pénurie de soins à venir, la présidente de la Province Sud met en oeuvre un dispositif visant à inciter les médecins libéraux à s’installer durablement dans les zones déficitaires de son territoire.

Destiné aux médecins français et étrangers francophones titulaires d’un diplôme reconnu par l'Union européenne, il s’agira de proposer une incitation financière de 6 millions FCFP par médecin, équivalente à celle proposée dans l’Hexagone, avec en contrepartie, plusieurs engagements du professionnel.
En premier lieu, celui-ci devra s’installer pour 3 ans minimum dans une zone identifiée et ciblée comme en sous-densité, telle que les communes hors agglomération de la Province Sud, ou encore les quartiers de Katiramona et du Vallon Dore.

Ensuite, le praticien devra effectuer au minimum 32 heures de consultation par semaine, sur un minimum de 4 jours ouvrables, mais aussi de participer à des formations en matière d’urgences. Enfin, il devra contribuer aux gardes ordinales de la permanence des soins. En cas de départ anticipé, la somme versée dans le cadre du dispositif devra être remboursée.

Objectif affiché par la Province Sud, encourager les médecins, généralistes et spécialistes, à s’installer en province Sud, mais aussi à y rester.
Une démarche d’attractivité du territoire auprès de la profession, qui veut être un complément de la dynamique de soutien renforcé aux Centres Médico-Sociaux (CMS), déjà soutenus par une politique de rénovation, tandis que la Province a investi dans la qualité des logements mis à disposition de ses recrues en brousse. En parallèle, les personnels des CMS sont formés pour prendre en charge les urgences, puisqu’en brousse, l’essentiel des urgences est géré par les CMS.
Enfin, des internes de médecine permettent de renforcer les équipes, notamment grâce au renforcement de l’accueil et de la formation des internes sur le territoire, par un partenariat renforcé avec l’Université de médecine de Bordeaux, centre de référence pour la Nouvelle-Calédonie.

Sonia Backès revenait sur le dispositif, au micro de nos confrères de Caledonia.nc : « On a mis en place une prime de 6 millions pour faire venir les médecins. On a également mis en place un certain nombre d’autres dispositifs, des formations, on a augmenté le nombre d’internes qui peuvent être accueillis en Province Sud. Et puis j’ai fait un courrier au ministre de la Santé pour voir si on peut travailler à la mise en place d’un Centre Hospitalier Universitaire en Nouvelle-Calédonie pour former nos propres médecins ici, et puis le cas échéant au moins avoir des Calédoniens qui revienne plus facilement », qui veut au passage redorer l’image du territoire, parfois mal perçue par les étudiants de médecin dans l’Hexagone.

Selon la présidente de la Province Sud, la transformation du Médipôle en Centre Hospitalier Universitaire permettrait donc à terme d’accueillir un vivier local d’étudiants de 2e et 3e cycle, susceptibles de s’installer ou de séjourner plus durablement sur le territoire, puisque l’offre actuelle de formation ne permet pas de couvrir durablement les besoins immédiats et futurs de la Nouvelle-Calédonie et de fidéliser sur le territoire le volume de professionnels nécessaire.

Damien CHAILLOT