Nouvelle-Calédonie : Sébastien Lecornu rencontre le monde économique

©Twitter / Sébastien Lecornu

Nouvelle-Calédonie : Sébastien Lecornu rencontre le monde économique

Sébastien Lecornu, ministre des Outre-mer, est actuellement en visite en Nouvelle-Calédonie. Ce jeudi, il rencontrait le monde économique dans l'hémicycle de la Province Sud. L'occasion d'aborder de nombreuses thématiques, économiques, mais aussi institutionnelles. Le point grâce au reportage de nos confrères de CALEDONIA.

Réunis ce jeudi 14 octobre dans les locaux de la Province Sud, Sébastien Lecornu, ministre des Outre-mer, en présence du Medef-NC, de la chambre de l'agriculture, de la Chambre de Commerce et d'Industrie (CCI), ou encore des acteurs du Nickel. Une réunion qui fut l'occasion d'aborder les questions économiques, élargies en raison des impacts de la crise sanitaire, mais aussi institutionnelles dans le cadre de la prochaine échéance référendaire pour l'auto-détermination du territoire. 

À la sortie de cet entretien, nos confrères de CALEDONIA ont pu interroger Sonia Backès, présidente de la Province Sud, ainsi que le ministre des Outre-mer. Selon. l'élue, il était “important que les acteurs économiques puissent être entendus. Ils ont exprimé un besoin d'avoir des perspectives, d'avoir de la visibilité sur l'avenir. Le ministre a tracé un chemin, notamment de l'axe Indo-Pacifique sur lequel il y avait des attentes assez fortes du monde économique. Il y a eu un très gros travail qui a été fait par le monde économique notamment sur le document des conséquences du OUI et du NON et sur les inégalités”.

La perspective d'un travail sur les inégalités au sein du territoire doit rester un axe de travail majeur selon la présidente de la Province Sud : “Je crois que le prochaine travail qui va devoir être mené par les acteurs politiques et économiques c'est la question du travail sur les inégalités, parce que, si c'est OUI à l'indépendance, ce sera un autre sujet car l'aide de la France ne sera plus ce qu'elle est, mais par contre, si les Calédoniens décident de rester dans la France, il faudra aussi que notre système évolue, parce qu'aujourd'hui on a encore des inégalités fortes, et si on veut construire un modèle où tout le monde se retrouve, on a intérêt à travailler sur les inégalités, et je crois qu'on porte tous ça, tous ensemble”.

De son côté, Sébastien Lecornu dressait un bilan global des échanges. En premier lieu, les questions sanitaires et économiques. “On est revenu sur plusieurs sujets. Le premier, ce sont les questions sanitaires sur lesquelles (les acteurs économiques) sont évidemment impactés, mais sur lequel également le monde économique à un rôle à jouer. Des enjeux évidemment aussi sur la stratégie de déconfinement, notamment sur les motifs impérieux, la question de la réouverture des frontières pour un certain nombre d'activités économiques. Mais j'ai senti un monde économique très soucieux d'être progressif et mesuré dans le temps. Tout le monde partage qu'il vaut mieux prendre un peu plus de temps maintenant pour les réouvertures plutôt que de faire un “stop & go” qui nous conduirait à avoir de nouveau une fermeture brutale dans quinze jours ou trois semaines”.

Évoquées ensuite, les questions institutionnelles liées à la prochaine échéance référendaire : “On est revenu aussi évidemment sur le document OUI – NON, parce que le monde économique était en attente d'un certain nombre de clarifications”. De cette question en suspens, découle la politique économique et sociale du territoire : “Ensuite, il y a des questions des ressources globales de la Calédonie, des recettes, pour les compétences dans l'autonomie. Cela veut dire que lorsqu'on fait un certain nombre de choix politiques, d'accompagnement, de politique territoriale, de solidarité, d'éducation, d'aides économiques, il faut en avoir les moyens, et c'est pour cela que ça ne fait pas l'objet de subventions, mais de prêts. Ça pose aussi surtout quelques réformes, quelques questions autour des réformes à venir, ici en Nouvelle-Calédonie”.

Des réformes qui pourraient englober les inquiétudes du tissu économique Calédonien, à l'image de la lettre ouverte publiée par la Confédération des Petites et Moyennes Entreprises (CPME). Le document demande des clarifications au gouvernement calédonien, notamment sur les responsabilités en matière de contrôle de l'obligation vaccinale et des moyens de le mettre en œuvre. Inquiétée par les possibles troubles sociaux liés à l'opposition à la vaccination obligatoire, la CPME demande au gouvernement de prendre ses responsabilités en matière de contrôle et de sanctions, ou alors, de donner aux entreprises les moyens pour y parvenir. Notamment évoquée, la possibilité d'une suspension des contrats de travail, par opposition à un licenciement.

Damien Chaillot