Nouvelle-Calédonie : Publication de l’IEOM relative à l’épargne et l’endettement des ménages et entreprises pendant la crise sanitaire

©Charles Baudry / DR

Nouvelle-Calédonie : Publication de l’IEOM relative à l’épargne et l’endettement des ménages et entreprises pendant la crise sanitaire

L’activité économique calédonienne a été fortement marquée par la crise sanitaire, non pas en raison d’une forte pandémie, mais plutôt de la politique de sécurité stricte permettant d’éviter d’importantes vagues de contaminations. Le dernier trimestre 2021, sur lequel se focalise l’étude de l’Institut d’Emissions d’Outre-Mer (IEOM), montre une embellie notable, notamment due à une meilleure préparation des acteurs.

Le 4e trimestre 2021 a été marqué par plusieurs changements notables dans un contexte de crise sanitaire, avec la comptabilisation des premiers décès liés à la pandémie en septembre 2021, puis paradoxalement, l’abandon de la stratégie « Covid-free » dont découlait la fermeture quasi-totale des frontières, suite à l’amélioration rapide de la situation sanitaire.

Le territoire a connu un confinement strict de la population du 7 septembre au 10 octobre 2021, puis un confinement adapté en semaine mais strict les week-ends, avant de s’orienter vers un confinement allégé à partir du 15 novembre 2021. Des mesures adaptatives internes qui ont dans tous les cas perturbé l’activité économique, impactée également par les mesures à l’international.

L’IEOM note une activité fiduciaire en baisse d’environ 30 % pendant le quatrième trimestre 2021. Une évolution cependant moins forte que celle du confinement précédent, avec une baisse de 40% en mars 2021, elle-même moins importante que lors du premier confinement de 2020, où la baisse était mesurée à -56 %. L’Institut justifie ces écarts notables par une meilleure préparation des acteurs économiques, qui montrent des taux d’activité impactés plus modérément.

Les ménages

Pour ce dernier trimestre 2021, l’IEOM met en exergue plusieurs évolutions significatives. Pour les ménages, une hausse élevée des actifs bancaires, mesurée à +4 ,1 Milliards de Francs CFP (34,3 millions d’euros), bien supérieure à celles observées sur la période 2017-2019, soit avant la crise sanitaire, mais qui reste inférieure à celle constatée lors du premier confinement de 2020, alors à 13,4 milliards de FCFP (112,1 millions €). Une tendance et une comparaison des placements rémunérés qui se confirment dans les mêmes proportions pour ce qui est des dépôts à vue.

Autre observation, l’encours de crédit est également revu à la hausse de 5,8 milliards FCFP (48,5 millions €), une variation supérieure à la moyenne de ces dernières années, qui s’expliquent par le regain du dynamisme des crédits à l’habitat et des crédits à la consommation. En revanche, l’épargne financière se contracte de 1,7 milliards FCFP (14.2 millions €) et s’établit à 2,3 milliards FCFP (19.2 millions €). Celle-ci avait fortement progressé suite au confinement de 2020, avec 14 milliards FCFP (117,1 millions €), avant d’être consommé dans les trimestres suivants. 

Les entreprises

Du côté des acteurs économiques, une hausse trimestrielle de la trésorerie est enregistrée à +11,4 milliards FCFP (95.4 millions €), supérieure aux années précédentes. Une évolution poussée par celle des dépôts à vue selon l’IEOM, qui traduit la mobilisation des ressources liquides ainsi que des dépôts exceptionnels liés à des projets. Sur la même période, la dette brute progresse de 7,3 milliards FCFP (61,1 millions €), une évolution qui est elle aussi supérieure aux années précédentes, notamment impactée par le recours aux Prêts Garantis par l’Etat (PGE). Une augmentation qui s’observe également au niveau des investissements. 

Au total, note l’IEOM, la dette nette (crédits - dépôts) des entreprises diminue de 4,1 milliards FCFP (34.3 millions €). En cumul depuis début 2020, la dette nette des entreprises se réduit de 15,8 milliards FCFP (132,2 millions €) .

Damien Chaillot