Hausse de plus de 10 % des tarifs en un an, décision du gouvernement actée ce mercredi 23 mars afin d’éviter la cessation de paiement d’Enercal, gestionnaire du réseau électrique du territoire dont la situation déficitaire et les difficultés, connues depuis plusieurs années, menace le groupe du défaut de paiement.
Une hausse totale du tarif de l’électricité d’un peu plus de 11 % en un an, mesure votée par le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie ce mercredi 23 mars afin de faire face à la situation financière délétère d’Enercal, gestionnaire du réseau du territoire. Cette hausse sera actée en 3 échéances : 4 % en avril 2022, 4 % en octobre 2022, puis 3 % en avril 2023.
Un réajustement qui intervient alors que les postes de dépenses évoluent à la hausse dans de nombreux secteurs tels que l’alimentation, le carburant, les taxes relatives au Ruamm, dans un contexte de prix des matières premières en forte hausse également suite au conflit en Ukraine, particulièrement sur le charbon et le pétrole, pour lesquels la Nouvelle-Calédonie est particulièrement dépendante pour son énergie.
La hausse concerne tous les usagers, à l’exception de ceux disposant d’un abonnement minimal, quantifié à 3,3KvA, destiné aux foyers les plus modestes. Une décision n’a pas fait l’unanimité au sein de l’exécutif, notamment de la part des loyalistes, évoquant le coût déjà élevé de l’électricité et le contexte de temporalité défavorable aux consommateurs. Actuellement en déficit de 6,4 milliards de francs CFP (53,6 millions d’euros), les conséquences de la guerre en Ukraine laissent présager une augmentation de ce dernier de 4,5 milliards (37,7 M€) pour l’année 2022.
Or, les prix de l’électricité étant fixés politiquement, de nombreux facteurs expliquent la situation déficitaire du groupe, comme le rappellent nos confrères de CALEDONIA : encouragement au photovoltaïque avec un tarif de rachat de l’électricité avantageux, tarifs préférentiels appliqués aux industriels, hôteliers et miniers, ou encore l’investissement très important supporté par Enercal pour le transport de l’électricité, pour lequel le gouvernement est censé verser une « composante de stabilité », d’un peu plus d’un milliard de Francs CFP par an, et qui n’a jamais été versé par les différents exécutifs calédoniens depuis 2013, soit un manque à gagner de près de 10 milliards de Francs CFP (83,8 millions d’euros).
Damien Chaillot























