Nouvelle-Calédonie : Les délégations politiques calédoniennes rencontrent les groupes parlementaires ce mardi soir à Paris

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Nouvelle-Calédonie : Les délégations politiques calédoniennes rencontrent les groupes parlementaires ce mardi soir à Paris

L’accord de l’Élysée-Oudinot s’est invité ce mardi à l’Assemblée nationale, lors des questions au gouvernement. Interpellée par le député LFI Bastien Lachaud, qui a dénoncé un « passage en force » sans le FLNKS, la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou a défendu le texte et appelé les parlementaires à être « à la hauteur » lors de son examen. L’occasion pour Yaël Braun-Pivet d’annoncer une réunion du groupe de contact sur la Nouvelle-Calédonie, ce mardi à 18h, avec les groupes parlementaires et « l'ensemble des forces politiques calédoniennes qui sont présentes à Paris ».

« En mai 2024, vous avez voulu forcer le dégel du corps électoral sans accord préalable » a rappelé le député LFI, proche du FLNKS. « Le résultat : 15 morts, un archipel au bord du gouffre » a-t-il poursuivi, dénonçant « le macronisme avec son irresponsabilité, son extrémisme, son inconséquence qui en ont fini avec l'indispensable neutralité de l'État ».

« Depuis juillet 2025, vous continuez à vouloir passer en force après le refus du FLNKS, représentant légitime du peuple premier », qui après avoir signé l’accord de Bougival, s’en est finalement retiré. « Aujourd'hui, vous balayez toute la méthode initiée par Michel Rocard, tout l'esprit de la poignée de main, toute cette volonté de destin commun pour les Calédoniens, rendus possibles par un geste unique dans l'histoire, à Nainville-Les-Roches (en 1983, ndlr), où les Kanak ont partagé leur droit à l'autodétermination, reconnu par le droit international ».

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« Nous refusons votre passage en force » a poursuivi le député LFI, ne laissant ainsi aucune surprise sur l’intention du groupe parlementaire à voter contre le projet de loi constitutionnelle et le projet de loi organique qui doivent graver dans le marbre les accords de Bougival et de l’Élysée-Oudinot, son complément signé lundi à Paris, entre l’État et les groupes politiques calédoniens -indépendantistes et non indépendantistes- hormis le FLNKS qui a décliné l’invitation d’Emmanuel Macron.

« Avec tout mon respect, Monsieur le député, vous racontez n'importe quoi » a tonné la ministre des Outre-mer, qui a dirigé les discussions calédoniennes ce weekend à Oudinot. « Le FLNKS n'a jamais été exclu de quoi que ce soit. Le FLNKS a été invité, il a été sollicité, il était attendu comme les autres. Il a fait le choix de ne pas venir, dont acte, dont acte » a poursuivi Naïma Moutchou, critiquant « la politique de la chaise vide » qui « n'a jamais fait un compromis ».

Réunion entre les délégations calédoniennes et les groupes parlementaires

« Nous avançons avec ceux qui veulent avancer » a-t-elle encore assuré, refusant que cet accord soit considéré comme « un passage en force ». « Quatre jours de discussion à Paris, qui ont suivi des semaines de discussion (…) avec des forces politiques qui ont fait le choix courageux, courageux, monsieur le député, de venir discuter, de se confronter ».

Naïma Moutchou a aussi souligné, devant « la représentation nationale », la présence de l’Union nationale pour l’indépendance (UNI), composée du Palika (plus ancien parti indépendantiste du territoire) et de l’Union progressiste mélanésienne. Ces deux partis étaient composantes du FLNKS, de sa création jusqu’en 2024. Ils se sont retirés du Front indépendantiste après des désaccords avec sa ligne stratégique.

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Naïma Moutchou a aussi rappelé que l’accord Élysée-Oudinot est assorti d’un large volet économique pour « permettre à la Nouvelle-Calédonie de marcher sur ces deux jambes, vous voyez, institutionnelle et économique ». « Demain il y aura un processus parlementaire. J'espère que vous serez à la hauteur et que vous ne jouerez pas petit bras » a-t-elle conclu.

Le mot de la fin est revenu à la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, qui a annoncé une réunion du groupe de contact parlementaire sur la Nouvelle-Calédonie, ce mardi à 18h, « avec l'ensemble des forces politiques calédoniennes qui sont présentes à Paris ». La présidente a invité « chaque groupe à être présenté lors de cet espace de dialogue ».