Arrêté à 101 milliards de francs, le budget primitif 2026 de la Nouvelle-Calédonie a été adopté par le gouvernement ce mercredi 7 janvier à une quasi-unanimité. Bâti dans un contexte financier contraint et de discussions toujours en cours avec l’État sur les prêts, il repose sur des mesures d’économies, l’intégration du remboursement de la dette et une hausse ciblée de l’investissement. Il sera examiné au Congrès fin janvier. Un sujet de notre partenaire Les Nouvelles Calédoniennes.
Le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a adopté, mercredi 7 janvier, le budget primitif 2026 à une quasi-unanimité, avec une abstention, celle de Petelo Sao (Éveil océanien). Un exercice budgétaire délicat dans un contexte évidemment marqué par des tensions sur les finances publiques et par la nécessité de sécuriser les équilibres des comptes de la collectivité.
L’assiette de répartition du budget 2026 est fixée à 101 milliards de francs, contre 98 milliards en 2025, soit une hausse de 3 milliards. Cette évolution intègre les 300 millions d’euros (environ 35,8 milliards de francs) de prêts accordés par l’État, sans qu’un report de leur remboursement n’ait, à ce stade, été obtenu. Le budget propre de la Nouvelle-Calédonie s’élève, lui, à 89,5 milliards de francs.
Selon Christopher Gygès, membre du gouvernement dont c'est le portefeuille, « on est sur un budget de rigueur, mais aussi sur un budget de relance », construit à partir de redéploiements et de mesures d’économies.
Le choix d’intégrer le remboursement des prêts
Lors du débat d’orientation budgétaire au Congrès, le 22 décembre dernier, l’exécutif avait évoqué la possibilité de ne pas intégrer le remboursement des prêts de l’État, dans l’attente d’un éventuel report. Cette hypothèse n’a finalement pas été retenue dans ce budget primitif. En l’absence de réponse officielle favorable de l’État, les remboursements ont été inscrits.
« L’État nous a dit que si on ne mettait pas le remboursement des prêts dans le budget, il ne nous donnait pas les 300 millions d’euros », explique Christopher Gygès. Ce choix a conduit le gouvernement à rechercher des leviers d’équilibre permettant de le compenser. Parmi eux : la suppression d’exonérations fiscales accordées à l’État, pour un montant estimé à environ 2 milliards de francs, principalement sur la TGC, et notamment pour l’armée. Cette mesure ne couvre pas l’intégralité du coût lié au remboursement des prêts, mais contribue à l’équilibre du budget 2026.
« Ce n’est pas une mesure prise par plaisir, mais parce qu’on doit boucler un budget », indique Christopher Gygès, qui précise que cette décision a suscité des réactions négatives de la part de Paris, même si « le dialogue n’est pas rompu avec l’État ».
Maîtrise des dépenses de fonctionnement
Le budget prévoit plusieurs mesures de réduction des dépenses. La suppression de 100 postes vacants permet de contenir l’évolution de la masse salariale à environ + 1 %, alors qu’une hausse plus importante était anticipée sans mesure corrective. Les dépenses de missions et de déplacements sont, elles, réduites de 75 %.
Autre ajustement : la suppression de deux jours chômés, générant une économie estimée à environ 100 millions de francs. « On le fait par nécessité, pour garantir les salaires de la collectivité », insiste le membre du gouvernement. L’exécutif évalue à près de 3 milliards de francs l’ensemble des économies réalisées.
Un niveau d’investissement en hausse
Dans le même temps, le budget d’investissement progresse, passant de 7 à 9,1 milliards de francs, soit une hausse de 25 %. Ces crédits doivent financer plusieurs projets identifiés, parmi lesquels la 2×2 voies jusqu’à Tontouta, le pont de Nouville, le renforcement du barrage de Dumbéa ou encore l’installation de radars météorologiques.
Le budget consacré à la promotion internationale est porté à 400 millions de francs, contre 260 millions auparavant. Une autorisation d’engagement de 300 millions est également ouverte pour accompagner les dispositifs économiques portés par les provinces.
Jeunesse, modernisation et comptes sociaux
Le budget consacre 1,4 milliard de francs aux investissements dans les établissements scolaires, avec une montée en puissance du programme pluriannuel d’investissement des lycées, qui passe de 157 à 500 millions de francs. Les crédits dédiés au sport, à la culture et à la vie associative atteignent 327 millions, soit une hausse de 16 %.
La modernisation de l’action publique est également inscrite, avec 200 millions de francs pour le développement de l’e-santé et 100 millions pour la simplification administrative.
Enfin, le budget prévoit environ 6 milliards de francs fléchés vers le Ruamm et 2 milliards pour les retraites. Des montants que le gouvernement reconnaît insuffisants à moyen terme. « Le besoin sur le régime de retraite est aujourd’hui estimé entre 6 et 7 milliards », indique Christopher Gygès, évoquant la nécessité de futures réformes.
Le budget primitif 2026 doit désormais être examiné par le Congrès, pour un vote attendu fin janvier ou début février, dans un contexte financier qui demeure incertain.
Julien Mazzoni pour Les Nouvelles Calédoniennes























