Nouvelle-Calédonie : La province Sud vote la revalorisation salariale des enseignants remplaçants du 1er degré

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Nouvelle-Calédonie : La province Sud vote la revalorisation salariale des enseignants remplaçants du 1er degré

Décision et vote acté le 5 décembre, la province Sud a décidé de la revalorisation des salaires des agents contractuels recrutés à durée déterminée dans le cadre de remplacements des enseignants du premier degré, s’alignant ainsi sur ceux de leurs confrères titulaires.

Conviés par la direction de l’Éducation et de la Réussite, 200 enseignants remplaçants de la Province Sud ont été officiellement informés de l’évolution de leur rémunération et de ses modalités. Marie-Jo Barbier, présidente de la Commission de l’enseignement, a affirmé à cette occasion que la revalorisation était indispensable, émanant notamment de la volonté de Sonia Backès, présidente de la province Sud et de Gil Brial, le 2e vice-président.

Si cette nouvelle disposition était annoncée en ce mois de décembre 2022, Marie-Jo Barbier a rappelé qu’il s’agissait d’une revendication depuis 2019 : « Ça a pris du temps, j’en conviens. Depuis 2019, on y travaille, mais il fallait aussi, en cette période de crise, trouver les moyens de financement ». La mesure coûtera 250 millions de Francs CFP supplémentaires (env. 2 millions d’euros) sur le budget de la Province et prendra effet à compter de la rentrée 2023.

Jusqu’à ce changement attendu, la rémunération des enseignants remplaçants du 1er degré était inférieure à celle d’un agent contractuel recruté sans diplôme au sein de la collectivité, alors que les instituteurs remplaçants doivent avoir au minimum le bac. De plus, cette rémunération était identique quelle que soit la nature du remplacement assuré, longue durée ou ponctuel.

De cette situation, le constat fut fait que le niveau de rémunération était un frein au recrutement, les plus qualifiés se tournant naturellement vers des postes dans le secondaire. De plus, après le recrutement, de nombreuses démissions étaient constatées, le tout, dans un contexte de difficulté à trouver des remplaçants pour les longues missions.

Ainsi, la province Sud a proposé de nouvelles conditions de recrutement et de rémunération, tout en incitant les enseignants remplaçants à passer le concours, les postes de remplaçants restant des emplois considérés comme précaires. Dorénavant, la revalorisation salariale des remplaçants tient compte de deux critères : le niveau de diplôme du candidat et la nature du remplacement assuré.

Une nouvelle grille de rémunération a ainsi vu le jour. Les agents contractuels titulaires d’un diplôme de niveau 4 ou 5 (baccalauréat ou bac + 2), pourront prétendre à un salaire de 199 000 FCFP (1 164€) net pour un remplacement de courte durée, dit « itinérant », et de 275 000 FCFP (2 300€) net, pour un remplacement d’une durée minimum de 4 semaines consécutives hors vacances scolaires, il est dit alors « suppléant ».

Les agents contractuels titulaires d’un diplôme de niveau 6 ou plus (bac + 3 minimum), pourront quant à eux prétendre à une rémunération de 275 000 FCFP (2 300€) net pour un remplacement de courte durée, et de 304 000 FCFP (2 540€) net pour un remplacement d’une durée minimum de 4 semaines consécutives hors vacances scolaires.

Aucun changement quant au contexte contractuel, puisqu’il n’y a pas de contrat de 12 mois, car le statut des agents contractuels de droit public entraînerait un CDI automatique, et le renouvellement contreviendrait aux principes du concours. Des avenants seront réalisés à chaque changement de nature de remplacement (long ou court). Les petites vacances scolaires sont couvertes par un contrat pour les remplaçants qui ne sont pas « à l’année ». Les fins de contrat sont échelonnées entre fin novembre et fin d’année scolaire. Les remplaçants doivent à chaque fin d’année faire leur demande de renouvellement d’engagement.

Damien Chaillot