Nouvelle-Calédonie : Pour l’UNI, "le temps de la négociation est maintenant terminé "

© Facebook UNI

Nouvelle-Calédonie : Pour l’UNI, "le temps de la négociation est maintenant terminé "

Au lendemain de la séquence parisienne et de la signature de l’accord complémentaire dit "Élysée-Oudinot", l’Union nationale pour l’indépendance (UNI) réaffirme ce jeudi 12 février vouloir poursuivre la mise en œuvre de Bougival. À l’approche des municipales, le mouvement entend bien décliner ce projet dans les trente-trois communes du pays. Précisions avec notre partenaire Les Nouvelles Calédoniennes.

Réunie en conférence de presse ce jeudi 12 février, l’UNI – qui regroupe le Palika, l’UPM et l’association Unid – a tenu à préciser son état d’esprit après les discussions menées à Paris en janvier à l’invitation du président de la République. "Le temps de la négociation est maintenant terminé", estime Jean-Pierre Djaïwé, membre de la délégation signataire. "La balle est aujourd’hui dans le camp des parlementaires français." Le Sénat puis l’Assemblée nationale doivent examiner le projet de loi constitutionnelle destiné à intégrer les éléments issus de l’accord de Bougival et de son complément.

Mais pour l’UNI, l’issue du processus parlementaire reste incertaine. "Rien n’est acquis pour le moment, rien", insiste Jean-Pierre Djaïwé, qui rappelle que le texte devra ensuite réunir une majorité des trois cinquièmes au Congrès de Versailles. En cas d’adoption, les Calédoniens seraient appelés à se prononcer lors d’une consultation.

"Un accord de décolonisation et d’émancipation"

Face aux critiques, notamment celles évoquant la crainte d’une "hyperprovincialisation", l’UNI réfute toute remise en cause de l’unité du pays. D’ailleurs, "ce terme n’est pas dans l’accord", souligne Jean-Pierre Djaïwé, qui ajoute que les compétences provinciales évoquées relèvent déjà du cadre de l’accord de Nouméa et que le mécanisme de solidarité sera maintenu.

L’UNI met en avant plusieurs avancées prévues par le texte à son sens : création d’un État de la Nouvelle-Calédonie, transformation de la citoyenneté en nationalité, capacité accrue d’auto-organisation et association renforcée des Calédoniens à l’exercice des compétences régaliennes. Adolphe Digoué insiste sur la logique du "pari de la confiance". "C’est un accord de décolonisation et d’émancipation", affirme-t-il. Concernant l’acte d’autodétermination, il rappelle que le mécanisme repose sur une montée en puissance progressive, encadrée par un comité de suivi chargé d’évaluer le niveau de participation des Calédoniens aux compétences régaliennes. "Ce n’est pas rien ça, insiste-t-il. Il ne faut pas que ce droit reste théorique, il faut qu’on puisse l’exercer."

Interrogée sur les critiques apparues ces dernières semaines, notamment autour de "dissidents" de l’UPK, la direction de l’UNI minimise toute rupture interne. Jean-Pierre Djaïwé évoque des prises de position individuelles qui "contournent les cadres de débat internes". Le porte-parole du Palika rappelle que "quand on signe un accord, on en assume les responsabilités". Concernant les récentes déclarations du leader historique du parti, Paul Néaoutyine, il indique que le président de la province Nord "n’a jamais exprimé d’opposition à l’accord" et qu’il a toujours participé aux dispositifs de suivi des accords politiques précédents.

Municipales : des listes dans toutes les communes

À l’approche des élections municipales, l’UNI affirme vouloir être présente dans les trente-trois communes du pays. "La démarche de l’Union nationale sera présente partout", indique Jean-Pierre Djaïwé. Il précise cependant que les configurations varieront selon les réalités locales, avec des listes dites "d’ouverture".

Quatre axes ont été déclinés par rapport à cette échéance : la maîtrise des finances communales, la sauvegarde des infrastructures et des services essentiels, des politiques publiques centrées sur l’humain et un développement équilibré des territoires et, enfin, la construction, à l’échelle communale, des fondements de la nationalité calédonienne en devenir. Pour l’UNI, ces municipales s’inscrivent donc pleinement dans la trajectoire institutionnelle engagée. "On ne se présente pas pour attendre, résume Adolphe Digoué. Il s’agit de poser, au niveau des communes, les bases du projet porté pour l’ensemble des Calédoniens."

Par Les Nouvelles Calédoniennes