Nouvelle-Calédonie : la FEINC demande la levée du blocage des aéroports des îles

Un ATR d'Air Calédonie à l'atterrissage à l'aéroport de Lifou, aux îles Loyauté ©WikiCommons

Nouvelle-Calédonie : la FEINC demande la levée du blocage des aéroports des îles

La Fédération des entreprises et des industries de Nouvelle-Calédonie (FEINC) a appelé, jeudi, à une levée « immédiate et sans conditions » du blocage des aéroports des îles Loyauté et de l’île des Pins, entamée suite au transfert des opération domestique d'Air Calédonie, de l’aéroport de Magenta à celui de la Tontouta, à 47km de Nouméa. Dans un communiqué de presse, l’organisation patronale estime que cette situation de blocage menace directement la survie de la compagnie aérienne locale et l’économie des territoires insulaires.

Selon la FEINC, la décision de concentrer les opérations de la compagnie sur l’aéroport international de Tontouta résulte d’une orientation validée par deux gouvernements successifs de la Nouvelle-Calédonie. L’organisation indique que cette mesure a été prise à l’issue d’une analyse de la situation financière de la compagnie, dont la collectivité est l’actionnaire majoritaire, et qu’elle vise à préserver la continuité du transport aérien dans un contexte économique jugé fragile.

Dans son communiqué, la fédération patronale s’inquiète des conséquences du blocage des infrastructures aéroportuaires. Elle évoque notamment un risque de faillite pour la compagnie aérienne si l’immobilisation de ses opérations devait se prolonger. La FEINC souligne également les répercussions possibles sur l’accès aux soins pour les populations des îles, certaines urgences médicales nécessitant des évacuations vers la Grande Terre.

L’organisation met par ailleurs en garde contre les effets économiques de la situation. Elle estime que le secteur touristique des îles, déjà fragilisé par les émeutes de mai 2024, pourrait subir un nouveau choc. Hôteliers, restaurateurs et prestataires d’activités pourraient être affectés, alors que la saison touristique débute. La FEINC évoque également des impacts potentiels sur l’ensemble de la chaîne économique locale, notamment les approvisionnements, l’emploi et les services.

Le communiqué mentionne aussi les conséquences sociales possibles du blocage, en particulier pour les habitants des îles travaillant ou étudiant en province Sud, qui dépendent des liaisons aériennes pour leurs déplacements. La fédération affirme comprendre les préoccupations des populations insulaires concernant leur connectivité et leur développement. 

Elle indique également respecter le rôle des autorités coutumières. Toutefois, elle appelle ces dernières à lever le blocage afin de permettre la reprise des vols et de relancer les échanges économiques et touristiques. La FEINC se dit disponible pour participer à des discussions visant à identifier des solutions de desserte aérienne adaptées aux besoins des îles dans un cadre qu’elle juge économiquement viable.

Enfin, la fédération tient « à rappeler solennellement à l'État ses obligations fondamentales. Garantir la libre circulation des personnes et des biens sur l'ensemble du territoire de la République est une responsabilité régalienne intangible. Elle ne souffre ni exception, ni délai, ni négociation. Le blocage d'infrastructures aéroportuaires, équipements publics essentiels au désenclavement des îles, constitue une atteinte grave à ce principe fondamental. L'État ne peut pas rester spectateur de cette situation. Il lui appartient de prendre toutes les mesures nécessaires pour faire cesser ce blocage dans les plus brefs délais et rétablir le plein exercice des droits des citoyens calédoniens à circuler librement et à accéder aux services essentiels »