Dans une tribune publiée dans les colonnes du journal Le Monde, la présidente de la province Sud calédonienne et figure des non indépendantistes, Sonia Backès, appelle à « rompre, au plus vite, avec l’accord de Nouméa » et à trouver « un nouveau chemin commun » avec les indépendantistes et l’État.
Sonia Backès, favorable à un troisième référendum d’indépendance en 2021, réitère son souhait d’ « en finir avec l’accord de Nouméa avant le début de l’année 2022 ». « En votant en 2021, les Calédoniens pourraient enfin lever le voile de l’incertitude qui pèse sur leur avenir depuis trop longtemps. Ils pourront ainsi travailler dès la fin de cette année à la construction de leur avenir commun », dit-elle.
La présidente de la province Sud souligne aussi « un risque majeur de déstabilisation sur l’élection présidentielle ». « Alors que les sujets régaliens seront au centre de la prochaine campagne présidentielle, il serait irresponsable que la possibilité d’instrumentaliser politiquement des événements survenant en Nouvelle-Calédonie ne soit pas prise en compte », écrit-elle encore dans cette tribune, évoquant également sa volonté d’ « éviter un tel vote ».
Pour se faire, Sonia Backès appelle, à la veille des discussions à Paris entre le gouvernement et les élus calédoniens, à « trouver une nouvelle voie pour faire cheminer les Calédoniens ensemble vers une architecture institutionnelle novatrice qu’ils auraient choisie et au sein de laquelle ils auraient la garantie que leur culture soit respectée et leurs intérêts préservés ».
« Je formule ainsi le souhait que les conclusions de nos futurs échanges servent de fondements pour imaginer, baliser et emprunter, avec les indépendantistes et l’État, un nouveau chemin commun », ajoute la tête de file de l’alliance non indépendantiste l’Avenir en Confiance, rassemblant également le parti Le Rassemblement-LR, anciennement RPCR de Jacques Lafleur.
Un « nouveau chemin commun (…) dans lequel la gouvernance de la Nouvelle-Calédonie est plus claire et efficace, lui évitant de connaître 17 gouvernements en deux décennies », « où les différences géographiques et sociales sont respectées grâce à des provinces renforcées », faisant ainsi écho à la proposition du sénateur Pierre Frogier, et « où la relation avec la France s’établit dans le temps long et en bonne intelligence : manifeste et rassurante pour les uns ; respectueusement distante et responsabilisante pour les autres ».























