Nickel calédonien : La scorie bientôt transformée en abrasif sur le site de la SLN

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Nickel calédonien : La scorie bientôt transformée en abrasif sur le site de la SLN

Il s’agit du dernier projet en date ayant obtenu la défiscalisation locale : celui de VPI (Valorisation des produits industriels), pour la construction d’une unité de transformation de la scorie de la SLN en abrasif, destiné à l’export. Un investissement de 546 millions de francs expliqué par notre partenaire Les Nouvelles Calédoniennes.

La SLN travaille déjà avec VPI (Valorisation des produits industriels) sur l’export de la scorie depuis plusieurs années. Ce résidu solide issu de la fusion du minerai, longtemps considéré comme un déchet, est vendu sous sa forme quasiment brute, simplement criblée afin d’en réduire sa taille, à la société américaine Mineral Tech, basée à Houston. 

Transformé ensuite en sable abrasif baptisé Emerald Blast, ce matériau est utilisé pour le décapage industriel de surfaces métalliques et de coques de navires. Mineral Tech est même parvenue à obtenir « la certification de l’US Navy » pour ce produit, glisse Gilles Rouvray, un des promoteurs de VPI. Un point fort pour en faire la promotion. 

Aujourd’hui, poursuit-il, « on exporte quasiment deux bateaux par an, soit près de 80 000 tonnes ». Et le produit intéresse désormais jusqu’au Moyen-Orient et en Asie du Sud-Est. « Or, il est difficile de l’expédier tel quel ». 

L’entreprise texane a donc réfléchi à fabriquer l’abrasif en Nouvelle-Calédonie, au plus près de la ressource disponible, à savoir la scorie, afin de réduire le prix de revient. « Le fait d’obtenir la défiscalisation a été un déclencheur important pour construire l’usine ici », estime Gilles Rouvray.

546 millions de francs et cinq emplois

Le projet représente un investissement de 546 millions de francs, garantit cinq emplois dès cette année et table sur des retombées fiscales de 686 millions de francs pendant les dix prochaines années. Environ 380 millions de francs sont destinés aux sociétés locales. « Les seules choses qu’on importe sont les machines, tout le reste est fait ici. »

La scorie sera même utilisée sur le chantier, à la place du sable dans le béton. Un emploi rendu possible depuis que le "Sland" est inscrit au Référentiel de la construction de la Nouvelle-Calédonie (RCNC), en avril 2025.

La future usine sera aménagée « au pied de la verse », directement sur le site de la SLN, sur un terrain mis en location d’environ trois hectares. Si les Américains n’investissent pas directement, VPI a signé un partenariat avec eux. « On va produire leur abrasif sous licence, et ils ont l’exclusivité de sa commercialisation. »

La construction doit être achevée d’ici la fin de l’année, l’objectif étant de parvenir « le plus rapidement possible à sortir 20 000 à 25 000 tonnes par an », c’est-à-dire le seuil de rentabilité estimé. Les responsables de VPI se rapprochent également d’autres marchés, comme le néo-zélandais, évalué à 30 000 tonnes, le français et l’européen. « Le potentiel est très grand. »

Ainsi, VPI n’exportera plus de la matière brute, mais un nouveau produit industriel à valeur ajoutée, transformé localement. Cette opération ne présente que des avantages, assure Yves Véran, directeur de Doniambo Scories, filiale de la SLN.

« Cela génère un petit revenu, ça ne va pas sauver la Société Le Nickel, mais met un peu de beurre dans les épinards. La volonté de la direction est aussi de limiter la vitesse à laquelle se construit notre verse, pour arriver un jour à ce qu’elle ralentisse complètement. Ce projet porte beaucoup d’espoirs. »

Anne-Claire Pophillat pour Les Nouvelles Calédoniennes