La secrétaire d’État Bérangère Abba réunit les Outre-mer pour préparer la stratégie nationale de la biodiversité 2030

La secrétaire d’État Bérangère Abba réunit les Outre-mer pour préparer la stratégie nationale de la biodiversité 2030

La secrétaire d’État à la Biodiversité a réuni ce mercredi les responsables politiques et représentants de l’État en Nouvelle-Calédonie, Polynésie et Wallis et Futuna pour préparer et « alimenter » la stratégie nationale de la Biodiversité 2030. L'entretien s'est poursuivi ce jeudi avec les autres territoires. 

Pour la Polynésie, « le ministre de la culture et de l’environnement Heremoana Maamaatuaiahutapu, aux côtés de la Secrétaire générale adjointe du Haut-commissariat Cécile Zaplana, est intervenu pour partager la vision et la stratégie du Pays dans ce domaine. Il a rappelé à cette occasion l’importance du partenariat entre l'État et le territoire pour sécuriser et protéger la ZEE ». Les acteurs de la Collectivité en matière de biodiversité ont notamment abordé « la lutte contre les espèces exotiques envahissantes d’une part et les enjeux liés au milieu marin d’autre part ».

« Ce partage d'expérience, réalisé avec l'ensemble des acteurs des territoires d'Outre-mer permettra d'alimenter la stratégie nationale de la biodiversité 2030 actuellement en cours de construction », a-t-on précisé. Le gouvernement local et le représentant de l’État précise toutefois que cette stratégie nationale ne s’appliquera pas en Polynésie du fait de son statut d’autonomie, mais « il était important pour ceux qui vivent « sur le plus grand continent océanique du monde » de se faire entendre au plus haut niveau de l’État ».

Le ministre polynésien de la Culture a notamment plaidé pour « une vision à long terme » afin de « répondre aux besoins, lutter contre les menaces et soutenir l’espoir des générations présentes, tout en préservant la capacité des générations futures à en faire de même ». « La Polynésie française réaffirme le bien-fondé de sa stratégie en matière de protection et de gestion durable de ses espaces et de ses espèces, pragmatique et inspirée de millénaires de savoir-faire traditionnel » a-t-il également affirmé. 

De son côté, Joseph Manauté, membre du gouvernement calédonien en charge de l’Environnement, a sollicité l’État pour pérenniser les financements nationaux et européens existants, et pour accompagner la Nouvelle-Calédonie dans l’accès à de nouveaux mécanismes financiers. Il a également souhaité un renforcement des partenariats avec la recherche et l’innovation. « Nous souhaitons que la 3e stratégie nationale biodiversité puisse dépasser la dimension technique de la nature, pour intégrer sa dimension culturelle, voire spirituelle », a-t-il ajouté, alors que l’archipel a formalisé « la vision culturelle kanak de l’océan et de sa protection ».

« Au-delà de ce souhait, nous sollicitons l’expertise juridique de l’État pour engager une réflexion sur la création de la personnalité juridique pour certains éléments de la nature, à l’instar de ce qui a été fait par nos voisins néo-zélandais », a-t-il ajouté. « Nous appelons l’État à soutenir la Nouvelle-Calédonie pour mettre en place des couloirs de navigation dans la ZEE. C’est un point essentiel en sachant que 70 % du trafic maritime de la zone transite par le Parc naturel de la mer de Corail ». 

« Environ 80 % de la biodiversité française est située en outre-mer » a rappelé Bérangère Abba. Également, « 56 % des zones économiques exclusives (ZEE) françaises et 88 % des écosystèmes coralliens français » sont situés dans le Pacifique. « Il est impératif que ce constat soit pris en compte dans les politiques nationales de biodiversité ». Les points de vigilance énoncés par les territoires ultramarins seraient intégrés dans les derniers amendements de la 3ème stratégie nationale de la biodiversité.