Une étude de l’Institut d’émission d’Outre-mer (IEOM, Banque centrale des collectivités ayant pour monnaie le franc Pacifique) vient de faire le point sur les économies de la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie et Wallis et Futuna. Au quatrième trimestre 2024, la Nouvelle-Calédonie reste durement affectée par les conséquences des émeutes de l’année dernière, alors que la Polynésie et Wallis et Futuna terminent l’année sur une dynamique globalement positive.
La Nouvelle-Calédonie a été particulièrement touchée par les émeutes de mai 2024, directement (extraction minière, métallurgie) ou indirectement (immobilier, commerce, agriculture etc.). En ce qui concerne le secteur du nickel, moteur économique du territoire, « la production métallurgique totale continue de baisser (-15,4%), malgré la reprise de l’activité à l’usine du Sud à partir de novembre. La production de ferronickel se contracte de nouveau (- 20,1%). Sur un an glissant, la production de nickel demeure en très fort recul (-67,2%), que ce soit pour le ferronickel (-65,5%) ou pour le NHC (hydroxyde de nickel, -73%). », rapporte l’IEOM.
Les indicateurs de l’emploi poursuivent une nette dégradation, selon les estimations de l’Institut de la statistique et des études économiques de la Nouvelle-Calédonie (ISEE), cité par l’IEOM, avec une forte contraction de l’emploi salarié privé : « plus de 11 000 emplois pourraient avoir été détruits entre le 1er et le 4e trimestre 2024 (sur un total de 66 588 emplois salariés privés au 1er trimestre 2024) », relève l’étude. En outre, 4639 personnes sont bénéficiaires du chômage total en décembre 2024 contre 2707 en décembre 2023. Il faut ajouter à cela 1499 personnes bénéficiaires du chômage « exactions », et les salariés bénéficiant toujours du chômage partiel, soit 4678 en décembre 2024.
La Nouvelle-Calédonie demeure très dépendante des aides de l’Hexagone, bien qu’elle ait mis en place une partie des réformes conditionnant une avance de l’État de 27,6 milliards de francs Pacifique (XPF), dont 18 milliards au quatrième trimestre 2024. « Le versement des 9 milliards restants a cependant été suspendu faute d’une réforme satisfaisante de la taxe générale sur la consommation (TGC) », précise l’IEOM. Quelques lueurs d’espoir toutefois : l’augmentation des prêts octroyés aux ménages (évitant un effondrement de la consommation en fin d’année), une légère hausse du tourisme, et la relance de l’activité dans certaines entreprises.
Nouvelle-Calédonie
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En Polynésie, l’heure est à l’optimisme. Le climat des affaires est bon au quatrième trimestre, avec un point de plus qu’au trimestre précédent, la croissance est vigoureuse et la plupart des entreprises ont procédé à des embauches. Par exemple, « sur les trois derniers mois de l’année passée, l’indice de l’emploi salarié marchand croît de 2,4% en glissement annuel, porté par le secteur tertiaire : hôtellerie-restauration (+4,1%), commerce (+2,4%) et autres services (+3%). Dans le secondaire, l’indice de la construction affiche +1,6%, tandis qu’il se contracte de -0,6% dans l’industrie », constate l’IEOM.
Les prêts à la consommation ont augmenté de 12,6% en glissement annuel durant le dernier trimestre, pour atteindre 56,4 milliards de XPF, ce qui représente une hausse de 8,4% par rapport à 2023 (52,1 milliards de XPF). « Pour le premier trimestre 2025, les commerçants s’attendent à un tassement de leur volume d’affaires et à une stabilisation de leurs prix de vente, laquelle ne devrait cependant pas empêcher l’amélioration de leur situation de trésorerie, selon eux », poursuit l’étude de l’institut d’émission. Par ailleurs, les chefs d’entreprise interrogés manifestent une volonté d’investissement pour l’année 2025, ce qui devrait stimuler plus encore l’économie polynésienne.
Dans le secteur du tourisme, très important pour l’archipel, il s’établit à 67 100 personnes au quatrième trimestre, soit une croissance de 1% sur l’année, soutenue en particulier par la croisière, qui enregistre une augmentation de 10,8% par rapport à 2023. La majorité des marchés de la filière ont progressé sur la période. Toutefois, « seule la clientèle américaine, qui représente 4 touristes sur 10 en Polynésie française, a diminué (-5,4% en glissement annuel). La baisse de ce marché particulièrement rémunérateur constitue sans doute un point d’attention », tempère l’IEOM.
Polynésie
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À Wallis et Futuna, la conjoncture est également positive. Au quatrième trimestre 2024, le ralentissement de l’inflation, commencé depuis le début de l’année, se confirme, revenant à son niveau de fin 2021 (+1,5%). L’emploi enregistre une hausse globale (+3,8% en rythme trimestriel et +1,3% en rythme annuel), en dépit de certaines disparités dans le privé selon les secteurs. Ainsi, « le BTP perd 7,6% de ses effectifs en un trimestre tandis que le commerce en gagne 3%. Côté services, l’emploi affiche aussi une forte hausse (+11,2%). Le nombre d’emplois dans l’artisanat et l’industrie baisse (-2,3%) », indique l’étude.
Concernant les ménages, Les importations de biens de consommation augmentent au quatrième trimestre 2024 par rapport au trimestre précédent (+43,9%). Il en est de même pour les importations de biens d’équipement destinés aux entreprises (+37,6% en valeur et 8,2% en volume). « Les importations totales à Wallis-et-Futuna se maintiennent à des niveaux élevés malgré la baisse enregistrée au début de l’année. À fin 2024, les importations sont donc en hausse de 38,6% par rapport au dernier trimestre, s’établissant à 2950 millions de XPF. Sur un an, elles augmentent de 26,9% », observe l’IEOM.
Enfin, « le trafic aérien international remonte à fin 2024, après un début d’année fortement impacté par la crise calédonienne ». La fréquentation des vols s’est élevée de +3,4% par rapport au troisième trimestre, avec un total de 6242 passagers, mais il demeure toutefois inférieur aux années précédentes (-17,8%). De même, le trafic entre Wallis et Futuna se replie au quatrième trimestre, avec un taux de -5,9%.
Wallis et Futuna
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PM