Lors de ses voeux à la presse ce lundi, le président de la Polynésie Édouard Fritch a annoncé le retour des bourses majorées pour les étudiants polynésiens en journalisme. Il aussi évoqué les prochaines élections territoriales qui auront en avril.
Semaine de vœux pour le président de la Polynésie française : acteurs économiques, partenaires sociaux, responsables des structures publiques mais aussi presse et médias locaux. « J’ai souhaité que le secteur du journalisme puisse à nouveau bénéficier du soutien du pays et nous réinscrirons ses métiers dans la liste des professions pouvant bénéficier de bourses majorées » a déclaré le président polynésien dans ses vœux à la presse. « J’invite les responsables des médias à profiter de cette opportunité, car je sais aussi que c’est de plus en plus difficile de trouver localement des journalistes formés et expérimentés » a-t-il ajouté, soulignant un « investissement pour l’avenir ».
Variant entre 500 et près de 1 300 euros mensuels, cette bourse est allouée sans condition de revenu selon une liste de filières prioritaire établie par le gouvernement, a précisé Polynésie La 1ère. Seul engagement attendu des étudiants : un retour au pays avec mention spéciale pour les étudiants maîtrisant à la fois le Français et le Tahitien. « C’est difficile d’avoir des journalistes localement. Nous sommes tous prêts à prendre des Polynésiens qui puissent comprendre dans les deux langues » a-t-il confié à nos partenaires de Radio 1 Tahiti. « On a besoin d’étoffer nos équipes ».
Cela faisait depuis 2020 et la crise sanitaire que les traditionnelles cérémonies de vœux, y compris à la presse, n’avaient pas eu lieu. Et le président polynésien n’a pas manqué de revenir sur ces deux années de crise sanitaire, durant lesquelles les autorités comptaient sur les médias pour le relai des mesures, « parfois difficiles et impopulaires ». « Dans ces périodes de crise, un peu comme dans un couple, nous avons connu des hauts et des bas », a-t-il concédé. Comme lors de ces derniers vœux en 2019 et 2020, Édouard Fritch a aussi longuement dénoncé les « fake news », les « réseaux sociaux » qui « s’imposent désormais comme des médias qui se libèrent des exigences journalistiques et déontologiques ».
« Tout le monde devient expert en tout. C’est le pseudo-journal gratuit où tout le monde peut dire tout et n’importe quoi » a-t-il insisté, appelant les journalistes polynésiens à « reconquérir et revendiquer » leur rôle de rempart, dédié à l’opinion publique qui « souvent n’est pas armée pour faire le tri entre ce qui est vrai et ce qui est faux », et qui « doit pouvoir se tourner vers des professionnels dont c’est le métier ». C’est d’ailleurs, et entre autres pour lutter contre la désinformation que le président polynésien a annoncé la réouverture des bourses majorées pour les étudiants en journalisme. « Ce rôle fondamental repose sur la formation, l’expérience et le professionnalisme », a-t-il en effet expliqué.
Enfin, après avoir abordé les « défis » du contexte mondial, et à l’aube d’une échéance électorale importante en Polynésie -celle des Territoriales-, Édouard Fritch n’a pas manqué d’aborder la politique intérieure du Pays et, comme un avant-goût de campagne électorale, a distillé quelques éléments de langage présageant la teneur des discours politiques. Il a en effet d’une part dénoncé les « ambitions personnelles » d’anciens élus de son parti qui, en désaccord avec ses orientations politiques, ont fondé leur propre parti politique, divisant les voix du « clan autonomiste ».
D’autre part, Édouard Fritch, aux affaires depuis 2014, s’est érigé en porte-étendard de l’autonomie face à un parti indépendantiste renforcé par les échéances législatives. « Notre principal adversaire, c’est l’indépendance » a martelé Édouard Fritch devant la presse polynésienne. À quelques mois du scrutin, le président polynésien renoue avec ce discours politique qui a souvent fait le succès des partis autonomistes.























