L’annonce du décès de Gabriel Serville suscite une vive émotion dans la classe politique, ultramarine et nationale. De Sébastien Lecornu à Moetai Brotherson, en passant par Naïma Moutchou, Manuel Valls, Huguette Bello, Yaël Braun-Pivet, ses homologues ultramarins, présidents de collectivités comme parlementaires, et surtout le président de la République Emmanuel Macron : « La Guyane perd un de ses défenseurs les plus passionnés » et au-delà « les Outre-mer français perdent un de leurs représentants éminents » a écrit le chef de l'État.
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« J'ai appris avec tristesse le décès de Gabriel Serville, président de la collectivité territoriale de Guyane » a déclaré le président de la République. « Gabriel Serville a dévoué sa vie au service des autres comme professeur, comme proviseur, puis au travers des nombreux mandats électifs qu'il a exercés » a-t-il ajouté.
Emmanuel Macron avait reçu Gabriel Serville en mai dernier, « lorsque nous avions échangé sur l'avenir institutionnel de la Guyane ». « Quoique convalescent, Gabriel Serville m'était apparu combatif et investi, ardent défenseur de ses convictions politiques » se souvient, « avec émotion », le chef de l’État. « C'était un homme soucieux de sa population, et surtout des plus jeunes et des plus fragiles. Sa fibre sociale était reconnue de tous », a-t-il ajouté, saluant aussi « un partenaire exigeant mais toujours respectueux » qui avait « une élégance des mots et des gestes ». « La Guyane perd un de ses défenseurs les plus passionnés » et au-delà « les Outre-mer français perdent un de leurs représentants éminents ».
« Professeur de mathématiques, proviseur de lycée, maire de Matoury, député puis président de la Collectivité territoriale de Guyane : il aura consacré sa vie à transmettre et à servir » a notamment déclaré le Premier ministre, qui ajoute : « Servir la Guyane, surtout. Son développement, son aménagement, la protection de son environnement et la lutte contre l’orpaillage illégal auront été au cœur de ses engagements ».
« Il y a quelques jours encore, nous échangions sur l’avenir de la Guyane » souligne la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou. « Gabriel Serville en parlait comme toujours : avec exigence, avec conviction, avec cette volonté de ne jamais laisser les intérêts des Guyanais au second plan. Je n’imaginais pas que ce serait notre dernier échange », a-t-elle ajouté, saluant son « engagement, profondément guyanais ».
« En ce moment de deuil », le préfet de Guyane Antoine Poussier « adresse à son épouse Catherine, à ses enfants, à sa famille et à ses proches ses plus sincères condoléances. Il s’associe à la peine des élus et des agents de la Collectivité territoriale de Guyane, ainsi qu’à celle de toutes les Guyanaises et de tous les Guyanais ».
« Jusqu’au bout, il se sera battu (…), avec détermination, pour un nouveau statut institutionnel, pour l’autonomie de la Guyane » rappelle aussi l’ancien ministre des Outre-mer Manuel Valls. « Lors de mon passage au ministère des Outre-mer, nous avons noué une relation de confiance qui s’est poursuivie ces derniers mois. Aujourd’hui, je perds un ami, la Guyane perd un homme exceptionnel et la France un grand élu et serviteur de la République ».
La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a, elle, salué un « élu de conviction », qui « a consacré sa vie à l’action publique, avec un attachement profond à sa terre et à ses habitants ». « La disparition de Gabriel Serville me touche profondément » confie pour sa part le député de Guyane, Jean-Victor Castor. « De nos échanges, nos convergences et parfois nos désaccords je retiendrai surtout l’homme profondément attaché à la Guyane ».
« Déterminé et pugnace », Gabriel Serville « avait la Guyane qui lui coulait dans les veines » abonde l’ancien préfet du territoire, ancien directeur de cabinet d’Emmanuel Macron et actuel préfet de police, Patrice Faure. « Nous n'étions pas tout le temps d'accord mais nos discussions étaient toujours passionnées et passionnantes (…). Malgré la maladie, luttant âprement et inlassablement contre elle, il n'a jamais baissé les armes continuant à se battre pour sa Guyane et la vision qu'il en avait ».
À l’Assemblée nationale, ses anciens collègues ont eux aussi réagi à son décès. C’est le cas notamment de la présidente de la Région Réunion, Huguette Bello, ancienne députée GDR, groupe dans lequel siégeait Gabriel Serville. « Je garderai le souvenir d’un homme compétent, d’une grande gentillesse et profondément engagé au service de la Guyane et de ses habitants », a écrit dans un communiqué Huguette Bello qui a « eu le plaisir et l’honneur de travailler à ses côtés, d’abord en tant que députée à l’Assemblée nationale, puis dans mes fonctions de Présidente de Région ».
C’est également le cas du président de la Polynésie française, Moetai Brotherson : « En 2017, nous étions tous deux députés, au sein du groupe GDR, et voisins dans l’hémicycle. Puis, en cours de mandat Gabriel a été élu président de la collectivité de Guyane. C’était un homme calme, posé mais ferme dans ses convictions. Un homme passionné par son Pays, la Guyane ».
Ary Chalus, président de la Région Guadeloupe, souligne « l’Homme de convictions, défenseur acharné de son territoire », qui a « marqué de son empreinte l’histoire contemporaine de la Guyane ». « Tout au long de sa carrière, comme enseignant, maire de Matoury, député, puis président de la CTG, il s'est battu sans relâche pour le renforcement de l’autonomie de la Guyane, pour le développement économique de son territoire, l'équité et le rayonnement de la Guyane au sein du bassin amazonien ».
« C’était toujours un plaisir d’échanger avec lui : sa passion pour son territoire et pour les Outre-mer transparaissait dans chacune de nos conversations » confie pour sa part Xavier Lédée, président de la Collectivité de Saint-Barthélemy, qui « salue son engagement constant pour la Guyane et, plus largement, pour la défense des intérêts de nos territoires ultramarins ». « Au nom de Saint-Barthélemy, j’adresse mes pensées les plus sincères à sa famille, à ses proches et au peuple guyanais ».
« Je veux avant tout saluer la mémoire d’un homme profondément attaché à son territoire, à son histoire et aux Guyanais. Un homme qui aura consacré une grande partie de sa vie au service de la Guyane et à la défense de ses intérêts » ajoute Ben Issa Ousseni, président du Département-Région de Mayotte. « Nous le savons, servir un territoire comme les nôtres demande de la détermination, mais aussi beaucoup de courage. Gabriel Serville n’en manquait pas ».
« S'il avait une conviction, c’était celle que les Guyanaises et les Guyanais décident davantage de ce qui les concerne » rappelle l’association Région de France, à laquelle les DROM ultramarins sont adhérents. « Avec le Congrès des élus, il défendait sans relâche un projet d'autonomie adapté à un territoire amazonien et le portait avec courage auprès de tous les acteurs institutionnels de notre pays ».
« Défenseur intransigeant de la Guyane à l’Assemblée nationale puis comme Président de la Collectivité de Guyane, il était respecté de tous, ne transigeait jamais quand le respect des guyanais était en jeu et a considérablement œuvré pour que la Guyane consolide sa position en Amazonie et Amérique du Sud » abonde le député européen Younous Omarjee. « Il me manquera comme il manquera au combat pour le respect des Outremers en France et en Europe ».
« J’ai eu l’occasion de le rencontrer et d’échanger avec lui dans le cadre de la réforme du Conseil économique, social et environnemental, alors que j’exerçais les fonctions de présidente du groupe Outre-mer » écrit Inès Bouchaut-Choisy, représentante de Saint-Martin et Saint-Barthélemy au CESE. « Je tiens à saluer la mémoire d’un homme profondément engagé au service de la Guyane et de ses habitants, ainsi que son sens du dialogue et son attachement à la représentation et à la défense des territoires ultramarins ».
Pour Jean-Luc Mélenchon, Gabriel Serville était « un homme entièrement voué à l'amour de son pays et des peuples de la Guyane française ». « À travers sa disparition, c’est un élu engagé au service de son territoire et de ses habitants que la République perd aujourd’hui », estime Marine Le Pen. Autre candidat à la Présidentielle, Dominique de Villepin « un homme de convictions qui portait haut la voix de son territoire. Son engagement nous rappelle combien la République doit savoir reconnaître la diversité de ses territoires et tenir, pour chacun, sa promesse d’égalité. Avec la disparition de Gabriel Serville, c’est un engagement français de chaque instant qui s’éteint ».
Bien d’autres hommages émergent encore ce mercredi soir, à l’annonce de la disparition de Gabriel Serville. On note notamment ceux de la ministre chargée de l’Enseignement et de la Formation professionnels et de l’Apprentissage, Sabrina Roubache (actuellement en déplacement en Guyane) ; du député communiste (GDR), Stéphane Peu ; de la présidente du groupe LFI à l'Assemblée nationale, Mathilde Panot ; du groupe politique au Sénat CRCE-K ; du nouveau sénateur de Guyane Ryan Persaud ; du sénateur guadeloupéen Dominique Théophile ; de la Caribbean Telecommunication Union ou encore, dans un autre registre, de l’organisation Miss Guyane.

