Santé :Une filière de soins d’ophtalmologie se met en place à Mayotte

© Linkedin Jean-Bernard Rottier

Santé :Une filière de soins d’ophtalmologie se met en place à Mayotte

La filière d'ophtalmologie est en train de se mettre en place à Mayotte. Un premier centre ouvert à Bandrélé il y a un an. Un sujet de notre partenaire France-Mayotte Matin.

 

C’est l'association Unono Wa Matso qui porte ce projet, elle est présidée par le docteur Jean-Bernard Rottier, ophtalmo en métropole. Ce centre et le réseau de professionnels en soutien ont permis avec l’ARS et le CHM de commencer à structurer cette filière de soins à Mayotte qui était inexistante. Dans ce centre de Bandrele, des infirmières professionnelles ont été formées pour effectuer les consultations, elles sont secondées par une équipe d'ophtalmo répartis sur le territoire métropolitain qui approfondissent avec elle les consultations et valident les orientations. Cette première étape permet une orientation vers la réalisation des lunettes et permet aussi la prescription de médicaments si nécessaire. Ensuite une prise en charge médicale peut être utile. C'est maintenant, le CHM qui est en train d'organiser cette filière à Mamoudzou. 

Depuis le début de l'année 2022, 8 missions chirurgicales ont pu avoir lieu sur notre département. D'ici la fin de l'année la présence d'un chirurgien pourrait être permanente. Avec cette mise en place, c'est la plus grande partie des personnes orientées par ce centre qui pourront trouver une solution le cas échéant il restera quelques évasan à organiser pour des pathologies bien spécifiques. Pour Jean Bernard Rottier, il faudrait 10 centres comme celui de Mayotte répartis partout sur le département pour faire face aux besoins de la population du département. Le professeur Jean-Louis Bourges, professeur de médecine à Cochin est également présent sur notre département, il est là pour former et accompagner le développement des compétences des professionnels de manière à les rendre autonome sur leurs gestes. 

La filière se met en place et c'est une bonne nouvelle, il n'en reste pas moi, comme le souligne le docteur Rottier que le dépistage scolaire n'est pas encore réalisé et qu'il est indispensable, il a déjà pu constater que des jeunes enfants de 12 ou 13 ans avaient des déformations de la cornée et étaient quasiment aveugles, une prise en charge médicale de ces cas peut soigner les enfants. Pour le professeur Bourges, un enfant qui voit mal est un enfant qui se développe mal mais c'est aussi un enfant qui a du mal à apprendre et qui se met en marge de la société. Il reste donc encore beaucoup à faire, selon l’ARS, un second centre pourrait ouvrir avant la fin de l'année, un 3e est programmé pour 2023. 

Par Anne Constance Onghéna pour France Mayotte-Matin