Municipales 2026 : À Mayotte, un scrutin structurant pour l’île, confrontée aux défis post-Chido

©France Mayotte Matin

Municipales 2026 : À Mayotte, un scrutin structurant pour l’île, confrontée aux défis post-Chido

Avec la parution des listes fin février et le lancement de la campagne officielle début mars, les élections municipales ont pris un coup d’accélérateur avant le premier tour du 15 mars. À Mayotte, le scrutin s’inscrit dans le contexte post-cyclone Chido. Il est d’ailleurs la première expression électorale depuis décembre 2024, et les maires sont sollicités dans la reconstruction de l’île. Un sujet de notre partenaire France Mayotte Matin.

Le premier tour des élections municipales se déroulera partout en France le 15 mars prochain. À Mayotte, ce sont 88 listes qui s’affronteront dans les 17 communes dans le but d’élire les conseillers municipaux et communautaires qui auront à prendre des décisions structurantes pour les six prochaines années, qu’il s’agisse d’aménagement, d’éducation, d’environnement, de gestion des risques naturels, de social et plus largement de nos conditions de vie dans nos quartiers.

Ce chiffre de 88 listes est stable par rapport à 2020, puisqu’il y avait alors 87 listes en compétition. Le record du « cru 2026 » en termes de nombre de listes est pour Pamandzi, puisque pas moins de 11 listes vont s’affronter dans cette commune de Petite-Terre, montrant combien les divisions y sont présentes.

Parmi les 17 communes, 14 maires sortants se représentent. Seul le maire de Bandraboua, qui met un point à sa carrière politique, celui de Pamandzi et celui de Koungou, empêché par la justice, ne se représentent pas. Les 14 autres remettent en jeu leur mandat dans un territoire où, malheureusement, le « dégagisme » reste encore une valeur certaine. Après un mandat, on doit passer la place à une autre famille... Les temps sont-ils en train de changer ?

La file d’attente des élus dans la salle d’attente du tribunal judiciaire de Mayotte tend à prouver que le changement, ce n’est pas encore pour maintenant. La seule chose qui diffère, c’est que la lutte contre la corruption est devenue réalité. Les récents procès dans un syndicat bien connu de la place ont montré que les pratiques illégales pouvaient aller jusqu’à compromettre la survie d’une institution ainsi que le déploiement de la politique publique dont il était responsable.

En moyenne, dans les 17 communes, ce sont 4 à 5 listes qui seront en lice. La grande question que se posent les observateurs politiques, c’est : qui gagnera au premier tour ?

À Dzaoudzi-Labattoir, habituée de ces scénarios, on se prépare cette fois à un second tour possible : quatre listes s’affrontent dans cette commune, dont le combat « père-fils » entre Mikidache Houmadi et Saïd Omar Oili. Récemment, dans cette commune, les réseaux sociaux s’enflammaient sur des détournements de pages internet qu’un candidat attribuait à l’autre, qui s’en défendait.

Du côté de Kani-Keli, la plus petite commune de Mayotte, ce sont sept listes qui s’affronteront. La commune établit des tableaux électoraux à rallonge, puisqu’en 2020 ils étaient six à ambitionner de devenir premier magistrat de la bourgade.

Du côté du chef-lieu, sept listes sont en compétition contre onze en 2020. Sur les 17 communes, il semblerait possible que Mtsangamouji tombe dès le premier tour puisque trois listes s’affronteront le 15 mars prochain, laissant la possibilité à l’un des candidats d’obtenir plus de 50 %, représentant 25 % du corps électoral. Ce sont les deux conditions pour être élu maire dès le premier tour.

Toutefois, une question s’impose : comment aujourd’hui les électeurs vont-ils pouvoir départager les 88 prétendants, étant entendu que bien peu d’idées sont mises en avant dans le cadre de cette campagne ?

Anne-Constance Onghéna pour France Mayotte Matin