En visite à Mayotte, le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu a annoncé vouloir accélérer la convergence des droits sociaux, encore très inférieurs aux niveaux nationaux dix ans après la départementalisation, par le biais d'ordonnances
«J'ai bon espoir que l'on puisse avancer la convergence sociale avant 2036 (date initialement retenue dans la loi sur l'égalité réelle outre-mer, ndlr)», a dit Sébastien Lecornu sur le plateau de Mayotte la 1ère, lundi soir. «Dès la fin 2021, début 2022, nous allons prendre une ordonnance pour (revaloriser) les retraites des Mahorais et des Mahoraises», a affirmé le ministre des Outre-mer.
Par la suite, et dans le cadre du projet de loi spécifique à Mayotte qui doit être présenté en Conseil des ministres en janvier, Sébastien Lecornu espère aussi faire valider la possibilité de légiférer par ordonnances, puis organiser "le dialogue social".
«Une conférence sociale aura lieu sans tarder, paritaire, avec les salariés et les employeurs, et là où le dialogue social aura créé un accord entre les parties, dès qu'on est prêt, on le basculera dans la loi de finances ou la loi de finances pour la Sécurité sociale, pour pouvoir avancer», a-t-il précisé. L'intérêt de cette discussion avec les partenaires sociaux: faire comprendre que l'égalité sociale passera nécessairement par une hausse des cotisations sociales et patronales. «Au moment où l'on gère encore la crise Covid, où vous avez un économie qui tente de se réamorcer, on va dire qu'on va prendre l'argent des patrons et des salariés, pour créer des droits dans 30 ou 40 ans ? Non. La réponse globale, c'est la progressivité», a ajouté le ministre.
Depuis la départementalisation en 2011, le rattrapage social n'est pas à la hauteur des attentes des habitants, sur cette île où 77% de la population vit sous le seuil de pauvreté. Malgré l'entrée en application de la plupart des prestations et minima sociaux, leurs niveaux restent inférieurs à ceux de la métropole ou de l'île voisine de La Réunion.
Le SMIC horaire brut y est ainsi de 7,74 euros (contre 10,25 euros dans le reste de la France). La retraite mensuelle moyenne s'élève quant à elle à 282,35 euros seulement, avec une cotisation des salariés au régime d'assurance vieillesse de 4,77% contre 6,90% pour le reste du pays, écart qui doit justement être comblé d'ici à 2036.
Avec AFP























