Énergies : La Réunion n’est pas sur la route fixée par le PPE, selon le CESER

La centrale de Bois-Rouge, fonctionnant à la bagasse et au charbon

Énergies : La Réunion n’est pas sur la route fixée par le PPE, selon le CESER

Réunis en assemblée plénière au Conseil Régional de La Réunion ce mardi 8 février 2022, les membres du Conseil Économique, Social et Environnemental Régional (CESER), qui dispose d’un avis consultatif auprès des institutions, ont évoqué les problématiques de l’énergie sur le territoire, notamment la difficulté à décarboner sa production, mais aussi les difficultés à tenir un objectif d’autonomie énergétique, fixé par la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE). Focus grâce à l’interview du président du CESER, Dominique Vienne, avec nos partenaires de RTL Réunion.

Les membres du CESER étaient réunis hier matin en assemblée plénière à la pyramide inversée. Composé de 55 membres issus de la société civile (des acteurs économiques, syndicaux et associatifs), le conseil économique, social et environnemental régional se veut le miroir de la population réunionnaise. Dans une démarche de renforcement de la démocratie participative, il émet des avis sur les projets et les orientations budgétaires de la Région. Au cœur des discussions hier matin, la PPE, la programmation pluriannuelle de l'énergie. Un document essentiel qui définit l'avenir de la politique énergétique de l'île, révisé cette année par la Région.

Sur la table du Conseil Régional ce mardi 8 février, la PPE du territoire et les récents choix énergétiques de l'île. Premier point mis en avant par le CESER, le choix de création d’une centrale énergétique fonctionnant à la biomasse en lieu et place de celle fonctionnant au charbon. Si le combustible peut être le bagasse, résidu de l’exploitation de Cannes à sucre, la centrale doit également fonctionner grâce à des billes de bois, importées des États-Unis.

Un choix qui ne cadre pas avec les objectifs de la PPE selon Dominique Vienne, président du CESER, au micro de nos partenaires de RTL Réunion : « Nous avons rappelé que le code de l’énergie qui fixe le PPE dit en alinéa 1, que les choix doivent garantir une autonomie énergétique, on ne doit pas dépendre de l’extérieur, et nous avons donc juste dit que nous continuons à dépendre de l’extérieur parce que nous avons remplacé un charbon par un pellet de bois ».

Le CESER pointe du doigt le premier alinéa du PPE, mais également le second, relatif à la compétitivité des énergies développées. « Nous avons aussi alerté, c’est l’article 2 du code de l’énergie, qui nous demandait d’avoir une énergie la plus compétitive possible « au cas où », et on a juste rappelé aujourd’hui par solidarité nationale, les vrais coûts ne sont pas connus des réunionnais, c’est ce qu’on appelle la contribution de solidarité, mais le jour où l’on nous dira de payer le vrai prix, en métropole c’est 55€ le Mégawattheure, à la Réunion c’est 230€ le Mégawattheure, du fait que nous avons des coût d’intrants importants ».

Une différence importante, qui pourrait être atténuée par un plan de développement photovoltaïque, porté par la nouvelle mandature de la Région, « mais qu’il faut l’intensifier pour que cette énergie-là soit créatrice d’emploi et d’autonomie énergétique », conclut Dominique Vienne. Dans les faits, l’objectif de la neutralité carbone à l’horizon 2030, et celui de la souveraineté énergétique à l’horizon 2050, ne sont pas des objectifs atteignables par la direction prise en l'état actuel selon le CESER. 

Damien Chaillot