Le Comité régional de l’Alimentation (Cralim) de La Réunion se réunira ce vendredi 1er juillet avec l’ensemble des acteurs de l’alimentation du territoire. Une rencontre très attendue dans un contexte global des prix difficile pour les agriculteurs, dicté par les marchés mondiaux, d’autant plus criant dans un territoire insulaire tel que La Réunion.
Définir les contours de la politique alimentaire du territoire et trouver des solutions à des problématiques connues de longue date, à l’image de celles de la filière de la canne à sucre, dont la survie est assurée par l’injection de subventions. La faute à une globalisation des marchés qui a abouti à des situations économiques complexes, les producteurs ne pouvant plus vendre le fruit de leur travail à un prix permettant une juste rémunération. En découle des besoins fréquents de subventions afin de maintenir la filière à flot.
Dans ce contexte, le rendez-vous prévu ce 1er juillet 2022 aura pour objectif d’étudier l’avenir de la politique alimentaire territoriale, prenant en compte les questions de santé, nutrition, d'éducation ou encore la lutte contre le gaspillage alimentaire. Pour Bernard Astruc, cofondateur du collectif Oasis Réunion, militant pour une sécurité et une qualité alimentaires "durables" sur l'île, il s’agit de trouver des solutions pérennes, explique-t-il au micro de nos partenaires de RTL Réunion : « La Réunion de ce qu’on appelle le Comité régionale de l’Alimentation (Cralim) va avoir lieu à la préfecture et nous y seront présent et actif. C’est un comité qui est chargé de l’application de la loi Egalim, en particulier dans la restauration collective. Nous allons lancer en septembre – octobre, le plan stratégique global spécifique à La Réunion, et nous allons mettre autour de la table tous les acteurs concernés, que ça soit institutionnel, pouvoirs publics, les organisations professionnelles et les consommateurs. On a la solution, car on va réduire considérablement ce qu’on appelle les externalités négatives, c’est-à-dire le coût caché de l’alimentation. Un scientifique de l’INRA qui travaille avec nous vient d’établir que pour 1€ d’aliments achetés, il y a environ 1€ de coût de dépollution, c’est incroyable ».
Cette problématique est globale, mais s’illustre particulièrement dans la filière canne à La Réunion, dont les difficultés devenues structurelles en sont l’expression. Au sujet de cette filière particulière au territoire, Bernard Astruc poursuit : « Ce qui fait d’abord prendre en considération, c’est la situation de tous ces agriculteurs et planteurs de canne qui n’est absolument pas acceptable. C’est trop difficile pour eux maintenant, c’est devenu presque impossible de vivre normalement, décemment. Le problème est récurrent, il n’est pas d’aujourd’hui, il est lié à un contexte qui est celui des marchés mondialisés sur les produits agricoles qui fait que, ; le plus gros problème, c’est qu’on ne peut pas vendre ses produits au prix qui devrait être ceux qui rémunèrent correctement les producteurs et les transformateurs. Donc, à partir de là, on est dans une situation qui devient très compliquée, et qui nécessite des fonds publics en permanence. Or, les fonds publics sont les fonds des citoyens et consommateurs, ils sont donc concernés, de plus en plus. C’est pour cela que nous disons que, non seulement c’est un problème récurrent, mais c’est un problème de société, ça concerne tout le monde aujourd’hui ».
Damien Chaillot























