Métamorphoses Outremers a organisé au Sénat, le 7 février dernier, le colloque « L'Outre-mer veut sortir la tête de l’eau » en partenariat avec Outremers360. En lien avec de nombreux partenaires, le think tank a souhaité aborder la réalité de l’outre-mer sur la question de l’accès à l’eau. Ce colloque a réuni en présentiel et à distance des élus, chercheurs, personnalités et associations pour porter la voix de ces territoires en préface du 9e Forum Mondial de l’eau qui aura lieu du 21 au 26 mars à Dakar. Décryptage avec Manon Callego cheffe de mission France pour Solidarité International.
Avec 31% de la population non raccordée à l’eau potable, Mayotte est l’exemple majeur des problèmes « eau » en Outre-mer. Mais le plus jeune département français hérite d’une situation où tout est prioritaire : santé, logement, éducation, accès à l’eau…
Si l’eau est encore mal distribuée, la crise sanitaire associée aux recommandations faites en milieu scolaire de se laver les mains régulièrement ont mis en évidence les problèmes d’accès à l’eau à Mayotte. Jusqu’à présent la population se satisfaisait des ruisseaux, rivières et cours d’eau divers.
L’obligation faite à la France de respecter les droits de l’homme - accès à l’eau potable et à l’assainissement pour tous- et les normes de l’OMS, a obligé Mayotte à entrer dans ce moule normatif, d’autant que des pollutions récentes avaient déclenché des choléras et qu’une pollution au manganèse en Novembre dernier avait été récemment mise en lumière par l’association solidarités international https://www.solidarites.org/fr/.
L’ONG qui travaille à l'échelle international sur l'accès à l’eau pour tous, a rapidement été interpellée par cette situation et sur ses départements ultramarins.
Manon Callego, cheffe de mission France pour Solidarités International rappelle que l’interdiction de boire de l’eau du robinet pour les 0-4 ans durait depuis deux mois dans le Nord-est de l'île. En Janvier dernier, elle fût levée. Place alors aux tours d’eau. L’eau est coupée de 17h à 7h avec une rotation des secteurs géographiques en raison de la faiblesse du niveau des nappes phréatiques, rivières et forages L’évolution démographique crée un besoin de +5% d’eau par an et en même temps Mayotte fait face à des sécheresses répétées.
Il faut donc non seulement raccorder mais produire plus, et cela reste le fait des compétences du Syndicat Mixte des Eaux et d'Assainissement de Mayotte - SMEAM - (compétence décentralisée) même si l'État accepte d’accompagner, notamment en suivant le dossier de la future usine de dessalement qui prend beaucoup de retard, tandis que l’usine de dessalement de Pamandzi présente des dysfonctionnements. Pour l’instant peu d’informations concernant la part du prix d l’eau dans le budget des ménages n’est accessible, tandis que les packs d’eau s’arrachent dans les magasins, parfois à 15 euros les 6 bouteilles d’1,5 litres.























