Les habitants de l’île au lagon vont avoir à subir une très forte augmentation des prix dans les prochaines semaines. Entre les prix du fret qui ont fait un bon massif et la surconsommation en Europe et aux États-Unis, les compteurs des prix s’affolent. Les explications de notre partenaire France Mayotte Matin.
Ils sont plusieurs importateurs du département à être inquiets par les conséquences des augmentations de prix pour les ménages. La première des causes est liée au fret maritime. En effet, l’Europe et les États-Unis sont entrés dans une sorte de frénésie de consommation. Les compagnies maritimes privilégient les liaisons transatlantiques plus rentables pour elles : les bateaux arrivent chargés et repartent chargés.
Une destination comme Mayotte est donc peu rentable par les temps qui courent : les bateaux arrivent faiblement chargés et surtout repartent vides... Au moment où la demande est importante, les compagnies maritimes vont privilégier les routes qui leur rapportent. Et l’impact sur les prix est significatif : un conteneur au départ de Chine en juin 2020 coûtait 3 900 dollars, le même conteneur coûtait 7 000$ en décembre 2020, il est facturé aujourd’hui 15 000$.
Les autres raisons sont liées à l’augmentation des prix des matières premières et leur rareté. Plus de demande sur les produits entraîne des ruptures dans les chaînes d’approvisionnement, la matière première est rare, elle est plus chère. Enfin, l’augmentation des tarifs est aussi liée à la dépréciation de la monnaie chinoise face au billet vert. Pire, ces augmentations de prix entraînent mathématiquement une hausse de l’octroi de mer puisque celui-ci est calculé sur le prix d’achat du produit, le fret et l’assurance ...
Sadfar Ballou explique que les biens d’équipement ne sont pas épargnés. « Les prix d’achat des produits comme les lave-linges, les téléviseurs et autres ont augmenté de 15 à 20% chez les fabricants chinois chez qui je me fournis régulièrement ». Ainsi pour l’importateur mahorais, un téléviseur de 32 pouces vendu 179€ en juin 2020, l’est à 299€ aujourd’hui et sera probablement à 350€ au mois de décembre, et sa marge n’a pas bougé.
Alors que faire pour tenter d'amoindrir la note ? Réunir importateurs, collectivités et services de l’État pour prendre des décisions visant à limiter les droits de douane, les frais de débarquement, la redevance portuaire, l’acconage, les frais de port ainsi que de minimiser l’octroi de mer en modifiant l’assiette de calculs. Nos voisins réunionnais l’ont fait à l’initiative de la CCI. Ces mesures ne sont pas une solution, elles permettent de limiter la casse.
Les temps s’annoncent compliqués pour bon nombre de ménages mahorais, les entreprises ne seront pas épargnées, car les prix pratiqués ne seront plus compatibles avec les revenus des clients, le nombre des ventes pourrait significativement se tasser si rien n’était entrepris.
Anne Constance Onghena pour France Mayotte Matin























