Vaches découpées en vie: L'association L214 porte plainte contre un abattoir de Martinique

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Vaches découpées en vie: L'association L214 porte plainte contre un abattoir de Martinique

L'association de défense des animaux L214 a porté plainte contre un abattoir public du Lamentin, en Martinique, dénonçant de «graves dysfonctionnements» et des «sévices graves» sur des bovins, parfois égorgés alors qu'ils sont encore conscients ou toujours vivants au moment de la découpe.

Cet abattoir situé près de Fort-de-France est notamment utilisé pour l'abattage de bovins de race brahmane, d'origine indienne et adaptée aux climats tropicaux, qui devait être mise à l'honneur lors du Salon de l'agriculture 2026 à Paris.

Les images mises en ligne dans la nuit de mercredi à jeudi par l'association, tournées en janvier et février selon elle, montrent les «dysfonctionnements» dans cet établissement situé près de Fort-de-France. On y voit des bovins se débattre alors qu'ils se vident de leur sang après avoir été égorgés, alors qu'ils devraient normalement être inconscients. «Le box de contention (piège) permettant de maintenir les animaux pendant l’étourdissement est inadapté (...), empêchant une perte de conscience suffisante avant la saignée», dénonce L214. A un autre stade de la chaîne, certains animaux bougent toujours au moment de la découpe alors qu'ils «devraient être morts», critique l'association.  

L214 dénonce également la pratique consistant à placer jusqu'à trois veaux simultanément dans le box de contention, en infraction selon elle avec la réglementation qui impose un étourdissement individuel et isolé des animaux.

L214 a demandé à la préfecture de la Martinique la fermeture immédiate de l'abattoir du Lamentin. Elle a également déposé plainte auprès du procureur de Fort-de-France pour «sévices graves et mauvais traitements».

L214 réitère à cette occasion sa demande d'un audit national des abattoirs français, adressée en janvier 2025 à la ministre de l'Agriculture Annie Genevard, restée sans réponse selon l'association. Le dernier audit, réalisé en 2016, avait révélé des non-conformités dans 80% des établissements contrôlés. «En trois ans, nous avons fait condamner l'État sept fois pour manquement à sa mission de contrôle vétérinaire dans les abattoirs», affirme Sébastien Arsac, directeur des enquêtes de L214, qui réclame un moratoire sur la construction de nouveaux abattoirs.

Informée de l'enquête, la Collectivité Territoriale de Martinique qui est propriétaire de l'abattoir a réagi. « La Collectivité Territoriale de Martinique a décidé de déclencher sans délai une démarche d’analyse approfondie. L'ensemble des éléments de contrôle disponibles sera examiné et les autorités compétentes seront saisies afin que toute la lumière soit faite dans les meilleurs délais».

La CTM rappelle néanmoins que le contrôle sanitaire des lieux d'abattage relève des services de l'Etat.

La collectivité estime que les faits dénoncés, si ils sont avérés sont «incompatibles avec les exigences en matière de respect des normes en vigueur». Serge Letchimy, président du conseil exécutif de la CTM assure que «si des manquements sont établis, toutes les mesures nécessaires seront prises avec la plus grande transparence».

Avec AFP et RCI