Tabagisme dans les DROM : Les Antilles-Guyane s’en sortent plutôt bien

Tabagisme dans les DROM : Les Antilles-Guyane s’en sortent plutôt bien

Avec environ 75 000 décès annuels, le tabagisme reste la première source de « mortalité évitable », selon Santé Publique France (chiffres 2015). Les cancers liés au tabac représentent plus de 45 000 décès, suivis par les maladies cardiovasculaires (plus de 17 000). Au niveau national, les cancers constituent ainsi 61,7% des morts attribuables au tabagisme. Les taux varient cependant selon les différentes régions, et le tabagisme demeure la première cause de mortalité évitable.

Pour Santé Publique France, « la prévalence du tabagisme reste très élevée en France et la pandémie actuelle ne doit pas briser la dynamique de baisse historique du tabagisme en France, avec 1,9 million de fumeurs quotidiens en moins entre 2014 et 2019 ». Aussi, dans le cadre de la présentation de la stratégie décennale de lutte contre le cancer, Santé publique France, l’Assurance Maladie et le ministère des Solidarité et de la Santé viennent de lancer, du 5 février au 5 mars 2021, une nouvelle campagne pour promouvoir la plateforme Tabac info service (appli, site Internet et par téléphone au 3989) qui propose un accompagnement personnalisé pour aider à arrêter de fumer.

L’occasion également pour Santé Publique France de présenter ses premières estimations régionales de mortalité attribuable au tabagisme (pour l’année 2015, hors Mayotte). Ces données inédites indiquent de fortes disparités sur le territoire. Les Antilles-Guyane, la Guadeloupe en particulier, font figures de bons élèves. « Si à l’échelle nationale, la part attribuable des décès est de 13%, elle varie de 3,5% en Guadeloupe à 15,5% en Corse, suivie du Grand Est (14,7%) et des Hauts de France (14,5%) », précise Santé Publique France. La proportion relevée en Guadeloupe est la plus faible de toutes celles observées dans les autres régions de France, chez les femmes comme chez les hommes. Le taux de décès attribuable au tabagisme était chez les hommes et les femmes respectivement de 5,9% et de 1,3% dans l’archipel, contre 19,3% et 6,9% pour la France entière.

Fractions régionales des décès attribuables au tabagisme par sexe relativement à la fraction France entière en 2015

Fractions régionales des décès attribuables au tabagisme par sexe relativement à la fraction France entière en 2015

La Martinique a également de bons chiffres. Sur l’année de référence, « le nombre total de décès attribuables au tabagisme a été estimé à 138, soit 4,5% du total des décès enregistrés la même année dans la région. Ce taux est près de trois fois inférieur à celui de la France entière la même année (13%) », constate Santé Publique France. Le taux de décès attribuable au tabagisme était respectivement, chez les hommes et les femmes, de 6,1% et de 3%, versus 19,3 % et 6,9% pour toute la France. Le rapport note qu’en Martinique le tabagisme est responsable d’une part importante des morts prématurées (survenant avant l’âge de 65 ans) : 7% des décès sont attribués au tabagisme avant cet âge.

En Guyane, les chiffres sont moins bons mais restent aussi largement inférieurs à ceux des moyennes nationales et régionales. Le tabagisme y a engendré 3,8% et 10% de décès chez les femmes et les hommes respectivement. Ainsi, pour l’année 2015, la Guadeloupe, la Martinique et la Guyane se caractérisaient ensemble par une fraction des morts attribuables au tabagisme de plus de 20% inférieure à la moyenne nationale de la France entière.

Comparée aux Antilles-Guyane, la situation est dégradée à La Réunion. Le nombre de décès dus au tabac était estimé à 526 personnes sur l’année concernée, soit 11,6% du total des décès de la région, contre 3,5% en Guadeloupe et 4,5% en Martinique par exemple. Cependant, cette proportion reste encore inférieure aux 13% estimés au niveau national, précise Santé Publique France. Avec des fractions de morts attribuables au tabagisme de 17,8% chez les hommes, les taux de La Réunion se rapprochent dangereusement (et dépassent parfois) les moyennes régionales de l’Hexagone, alors qu’elles sont encore largement inférieures chez les femmes (4,3%). Dans le territoire, « les causes les plus fréquentes de décès attribuables au tabagisme étaient les cancers et les maladies cardiovasculaires, respectivement 56,2% et 24,6% des décès annuels », note l’étude.

Répartition du nombre et de la part des décès attribuables au tabagisme par sexe et grand groupe de pathologies, région Réunion, 2015

Répartition du nombre et de la part des décès attribuables au tabagisme par sexe et grand groupe de pathologies, région Réunion, 2015

PM