Alors que le Service militaire adapté (SMA) s'apprête à célébrer ses 65 ans, le général Patrice Bellon dresse, pour Outremers 360, le bilan d'une année 2025 particulièrement dense et pose les jalons de la mise en œuvre opérationnelle du plan quinquennal Impact. Arrivé à la tête du SMA le 1er août 2024, il a engagé, en dix-huit mois, une transformation de fond du dispositif, avec l'ambition assumée de faire évoluer le SMA d'une logique principalement quantitative vers une approche plus qualitative, mieux adaptée aux réalités et aux singularités des territoires ultramarins.
Si 2025 a marqué une étape décisive avec la signature du plan quinquennal « Impact », 2026 sera l'année de sa mise en œuvre concrète. Fruit de dix-huit mois de concertation et de réflexion stratégique, ce plan entend renforcer la prise en compte des réalités locales. « Le plan Impact a vocation à traiter les Outre-mer dans leur singularité », résume le général Patrice Bellon, qui plaide pour un dispositif différencié, capable de répondre à la fois aux enjeux sociaux, économiques et sécuritaires propres à chaque territoire.
2025, le SMA en première ligne aux côtés des populations
L'année écoulée a confirmé la capacité du SMA à intervenir sur l'ensemble de ses missions historiques : insertion professionnelle des jeunes, développement territorial et soutien aux populations en cas de crise. Incendies majeurs, crises sanitaires, événements climatiques à Mayotte, en Guyane, à La Réunion ou en Martinique ont mis en lumière la réactivité des unités : « Le service militaire adapté a réussi à faire valoir qu'il était capable d'intervenir rapidement et avec efficacité, en mobilisant des jeunes imprégnés de la mission de soutien à leurs compatriotes », souligne le général Bellon.
Le plan quinquennal « Impact »
Présenté à la ministre des Outre-mer, fin 2025, le plan « Impact » repose sur trois piliers majeurs, pensés pour renforcer la résilience des territoires et l'employabilité durable des jeunes.
Former mieux, former utile, former local
Premier axe du plan : adapter et renforcer l'offre de formation du SMA en fonction des besoins économiques réels des territoires. Il ne s'agit pas d'augmenter mécaniquement les volumes, mais de revoir les contenus et les méthodes, comme l'explique le général : « L'idée n'est pas d'ajouter des heures, mais d'adapter les formations aux réalités locales ». L'accent est mis sur l'économie verte et bleue, la sécurité alimentaire et les filières d'avenir.
Plusieurs actions concrètes illustrent cette ambition. En Guadeloupe, des projets agricoles innovants, notamment autour des cultures hors-sols, sont développés en lien avec des auto-entrepreneurs locaux afin de créer de nouvelles dynamiques économiques. Dans les territoires littoraux, le SMA met en place une approche progressive de l'économie bleue, incluant l'apprentissage de la navigation pour permettre à des jeunes d'accéder aux métiers maritimes et en développant la pratique de la natation pour vaincre les appréhensions liées à la mer .
Lutter contre la fracture numérique et renforcer l'esprit critique
Dans un contexte de surinformation et de montée en puissance des fausses informations, le deuxième volet du plan « Impact » vise à donner aux jeunes les outils pour comprendre le monde numérique et ses enjeux. « Il est essentiel que les volontaires ne soient pas manipulés par l'opinion et qu'ils puissent disposer d'un esprit critique pour les amener à reconsidérer la véracité des informations qu'ils reçoivent via les réseaux sociaux notamment et ce travail se fera également avec le media Outremers360 », insiste le général Bellon.
Des partenariats renforcés également avec les rectorats et des professeurs de l'Éducation nationale permettent d'aborder la lecture critique de l'information, la lutte contre les fake news ainsi que l'usage raisonné des outils numériques et de l'intelligence artificielle. De jeunes volontaires pourront alors « s'orienter vers des métiers du numérique, du développement web ou de la cybersécurité, tout en acquérant une culture citoyenne solide. »
Former des primo-intervenants au service des populations et répondre en cas de crises naturelles
Troisième pilier majeur du plan « Impact » : l'augmentation des capacités de réponse du SMA face aux catastrophes naturelles, en lien étroit avec la sécurité civile. Pour cela, le SMA prévoit la création de compagnies de réserve, composées d'anciens volontaires, encadrées par d'anciens militaires et des cadres civils. Ces unités, d'environ trente jeunes chacune, seront formées aux gestes de premier niveau et intégrées dans les dispositifs de secours existants. Des expérimentations sont en cours en Guadeloupe et en Martinique. « D'autres collectivités, comme, La Réunion, Mayotte et la Nouvelle-Calédonie, ont également vocation à accueillir ce type de compagnies de réserve, qui interviendront immédiatement lors d'un cyclone, d'un incendie ou d'une crise majeure. » indique le général.

Le SMA envisage l'implantation en 2030 de sept compagnies de réserve opérationnelle qui viendront en appui des pouvoirs publics et renforceront la résilience locale.
2026, le SMA fête ses 65 ans
L'année 2026 marque également un anniversaire symbolique pour le Service militaire adapté, qui célèbre ses 65 ans d'existence. Plusieurs temps forts viendront ponctuer cet anniversaire, à commencer par des cérémonies militaires, dont la décoration d'unités du SMA prévue le 28 mai 2026. Un concours des meilleurs restaurants pédagogiques sera également organisé, mettant en lumière la créativité et le savoir-faire des volontaires. Enfin, une bande dessinée dédiée au SMA doit paraître au second semestre de l'année.
Martinique : une première visite à forte valeur symbolique
Pour sa première tournée 2026, dans les Outre-mer, le général Patrice Bellon a choisi la Martinique, un territoire au cœur de son histoire personnelle, dont sa mère est originaire. Ce déplacement lui a permis de rencontrer les 400 jeunes recrutés cette année et d'inaugurer la Maison du SMA, installée en plein centre de Fort-de-France. « Être au cœur de la ville, c'est faciliter le recrutement et améliorer l'image du SMA », souligne-t-il. Pensé comme un lieu ouvert, accessible et visible, cet espace traduit la volonté de rapprocher le Service militaire adapté de la population et des partenaires économiques.
Le général Bellon s'est également dit marqué par l'engagement des volontaires et par les résultats obtenus en matière d'insertion professionnelle, avec une majorité de sorties vers l'emploi durable, le plus souvent en contrat à durée indéterminée.
Cap sur la Nouvelle-Calédonie
Un prochain déplacement d'importance est prévu en Nouvelle-Calédonie, du 19 février au 1er mars. Dans un contexte social sensible, le Service militaire adapté y accompagne près de 600 jeunes, majoritairement kanak. « Le SMA est aussi un facteur d'apaisement », souligne le général Patrice Bellon, qui annonce à cette occasion la création d'une quatrième compagnie dans le Grand Nouméa. Une évolution qui traduit la volonté d'offrir aux jeunes un cadre structurant, porteur de compétences, de repères et de perspectives.























