Si l’année 2025 a affiché un repli de l’activité portuaire de 5,31%, contrairement à l’année précédente (+9,4%), le trafic global demeure soutenu et même en progression sur dix ans. Par ailleurs, des perspectives nouvelles s’ouvrent avec l’acquisition de deux nouvelles grues en 2025, des études sur le poste roulier et le projet stratégique 2024‑2028, ainsi qu’une prise de conscience accrue des opportunités de la Guyane au sein du continent sud-américain.
En 2025, le Grand port maritime (GPM) de la Guyane a enregistré une baisse de 5,31% de ses volumes, qui s’établissent à 961 361 tonnes. Malgré ce recul ponctuel, la tendance de fond reste positive sur la dernière décennie : depuis 2015, le trafic global est passé de 600 000 à 960 000 tonnes, soit une progression de 50%. La diminution observée en 2024 s’explique principalement par le repli des vracs. Les vracs liquides chutent ainsi de 15,5%, pour atteindre 276 041 tonnes, soit environ 50 000 tonnes de moins que l’année précédente, d’après une note du site Ports et corridors.
Pour les vracs solides, le recul est plus modéré : le trafic baisse de 7,67% et s’établit à 103 199 tonnes. Sur les dernières années, cette activité reste néanmoins orientée à la hausse, oscillant généralement entre 105 000 et 115 000 tonnes selon la demande. Les volumes peuvent également varier en fonction du report éventuel d’un navire d’une année sur l’autre. Cette catégorie concerne principalement le clinker et le gypse.
Pour sa part, « le trafic conteneurisé affiche une baisse de son volume. Il perd 0,5% à 556 364 t. En nombre, la tendance est à la baisse. Guyane Port perd 0,8% à 74 594 EVP (équivalent vingt pieds, en anglais, soit 6 mètres, ndlr). Une diminution qui traduit deux tendances inverses. D’une part, les conteneurs pleins augmentent quand les vides baissent. En effet, entre 2023 et 2025, cette catégorie de conteneurs augmente de 8,1% à 42 870 EVP », souligne l’étude.

En matière d’investissements, le port a réceptionné deux nouvelles grues en 2025, un équipement qui contribue à améliorer la productivité des opérations. Concernant les terre-pleins, l’extension prévue repose sur le déplacement de certaines administrations afin de libérer de nouveaux espaces au sein de l’enceinte portuaire. Au total, le GPM Guyane prévoit une enveloppe de 11 millions d’euros pour l’année 2026.
Après avoir investi 15 millions au cours des deux dernières années, l’établissement poursuit ainsi les objectifs fixés dans son projet stratégique 2024‑2028. La direction précise toutefois qu’une partie des travaux initialement programmés pour 2025 a été reportée à 2026, notamment la reconstruction des caniveaux pluviaux. « Au total, le port doit disposer de 9000 m2 supplémentaires », indique Ports et corridors.
« Outre ces travaux, le GPM de la Guyane continue de travailler sur le poste roulier. La phase des travaux est prévue l’année prochaine pour la partie terrestre et en 2028 sur la partie maritime. En 2026, le port continue les études techniques. Le redimensionnement du poste roulier peut attendre. Le trafic enregistre une baisse de 6,4% à 6609 unités transbordées dans le port. En tonnage, le trafic progresse de 1,9% à 13 151 t en 2025 par rapport à 2024. Une croissance qui ne compense pas les pertes de volume enregistrées en 2024. Au cours des trois dernières années, le trafic roulier demeure sur un niveau moyen à 13 100 t », ajoute le document.

Enfin, la position géographique de la Guyane constitue un véritable atout stratégique. Elle demeure en effet le seul territoire de l’Union européenne situé sur le continent sud‑américain. Dans ce contexte, l’idée de développer une ligne de cabotage sur le plateau des Guyanes progresse, et la direction du port envisage notamment l’ouverture d’une liaison avec le Brésil.
Cette perspective est renforcée par la mise en service, en 2024, du nouveau poste d’inspection frontalier, qui permet désormais d’effectuer directement au port les contrôles phytosanitaires et vétérinaires. Par ailleurs, l’arrivée des nouvelles grues offre la capacité d’accueillir des navires non gréés, ce qui constitue une opportunité pour attirer de nouveaux opérateurs locaux.
PM
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