Outremers360 entame aujourd’hui une série sur les différents aspects de l’agriculture dans les départements et régions d’Outre-mer (DROM). Par ordre alphabétique, nous commençons par la Guadeloupe. Dans cet archipel, la baisse globale du nombre d’exploitations se poursuit mais s’est nettement infléchie. Les unités spécialisées dans la canne à sucre ont diminué tandis que celles consacrées à l’élevage bovin ont augmenté.
En Guadeloupe, selon les derniers chiffres du service statistique et de l’évaluation du ministère de l’Agriculture, la surface agricole utilisée (SAU) des exploitations est de 31.800 hectares pour une surface totale de 163.000 ha. L’agriculture de l’archipel est constituée à 84% de micro exploitations. En Guadeloupe continentale, Grande-Terre et Basse-Terre comptabilisent respectivement 53% et 26% des exploitations agricoles. Dans les îles du Sud, Marie-Galante en compte 20%. La banane et la canne à sucre (respectivement 23,8% 11,3% en valeur ajoutée) sont les deux grandes cultures d’exportations de Guadeloupe, occupant plus de 50% des surfaces. La Désirade et Les Saintes, quant à elles, sont spécialisées dans l’élevage caprin adapté à une faible ressource en eau.
Lors du recensement agricole de 2020, on dénombrait 7200 exploitations agricoles en Guadeloupe, soit 7% de moins qu’en 2010. Cependant, il faut noter que le recul était de -36% entre 2000 et 2010 et de -25% entre 1990 et 2000. C’est donc un ralentissement marqué dans le rythme de baisse du nombre d’exploitations, constate le ministère de l’Agriculture. « Les exploitations spécialisées en grandes cultures, principalement en canne à sucre, restent majoritaires mais accusent une très forte baisse (-30%) », précise-t-il. Par ailleurs, « moins nombreuses, les exploitations agricoles s’agrandissent. Une exploitation agricole dispose en moyenne de 4,4 hectares, soit 0,4 hectare de plus qu’en 2010 et un hectare de plus qu’en 2000. »

En Guadeloupe, les micro unités, qui sont majoritaires, occupent une surface agricole moyenne de trois hectares, et valorisent 54% de l’agriculture du territoire. Elles emploient aussi 54% de la main-d’œuvre agricole. « Elles sont surreprésentées dans les exploitations spécialisées en bovins viande, canne et polyculture-polyélevage », relève le ministère. Les petites unités (entre 25.000 et 100.000 euros de PBS (production brute standard, coefficient attribué aux cultures et aux cheptels, qui donne une valeur au potentiel de production des exploitations, ndlr) représentent quant à elles 13% des exploitations. Les grandes unités (plus de 250.000 euros de PBS) représentent 1% des exploitations et cultivent 14% des surfaces. Elles sont principalement spécialisées dans des cultures végétales (banane et maraîchage).
Le document du ministère de l’Agriculture note également que le nombre d’exploitations spécialisées en grandes cultures a baissé de 30% en 10 ans. « Cette baisse est occasionnée principalement par la disparition d’un nombre important de planteurs de canne qui cultivaient de petites surfaces (2 ha en moyenne) ». A l’inverse, le nombre d’exploitations spécialisées dans l’élevage bovin a augmenté de 700 unités (30%) sur la même période. « Cette hausse n’est pas le résultat du développement de l’élevage bovin en Guadeloupe, dont le cheptel est en baisse régulière. Elle provient principalement de la spécialisation en élevage d’exploitations qui associaient culture et élevage en 2010 », explique l’étude.

En 2020, le secteur agricole comptait pour environ 18.500 emplois directs en Guadeloupe. Les chefs d’exploitation, les co-exploitants et les associés actifs représentent les piliers de cette main d’œuvre avec 58% des salariés permanents. Les autres actifs familiaux ont baissé et représentent dorénavant 9% des travailleurs, contre 14% en 2010. Les taux des salariés non familiaux (24% de l’emploi total) et de la main d’œuvre saisonnière (9%) ne varient pratiquement pas sur les dix dernières années.
Focus : la filière banane
La banane constitue l’une des principales activités agricoles du territoire. Quelque 200 exploitations sont recensées sur une superficie de 1900 ha environ. La banane représentait 95% des exportations du secteur primaire en 2020, selon l’Institut d’émission des départements d’Outre-mer (IEDOM). La même année, la production a bien résisté à la crise sanitaire, bénéficiant notamment d’une hausse de la consommation de bananes par les ménages durant le confinement. « Ainsi, la relance entamée depuis le passage de l’ouragan Maria en 2017 se poursuit », écrit l’IEDOM. « Les exportations progressent aussi en 2020, de 16,6% sur un an pour atteindre 50.171 tonnes, portée par une demande accrue en France hors DOM. »
PM

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