Le 13 janvier 2026, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a adopté en séance publique à 129 voix pour et 4 abstentions l'avis « Anticiper et prévenir les risques liés au changement climatique pour les infrastructures », dans lequel il formule de nombreuses préconisations. Alors que, selon la majorité des scientifiques, le monde va bientôt franchir le seuil de 1,5° Celsius de réchauffement, entraînant notamment sécheresses, cyclones, inondations ou montée du niveau des océans..., les Outre-mer français sont parmi les premiers concernés.
Dans un chapitre intitulé « des spécificités des Outre-mer à prendre en compte », le CESE observe que « les onze territoires ultramarins sont les parties de notre pays les plus exposées au changement climatique ». En effet, à l’exception de la Guyane, ces régions sont insulaires. La grande majorité de leurs habitants — 2,2 millions dans les départements et régions d’Outre-mer (DROM) et 600 000 dans les collectivités d’Outre-mer (COM), soit 2,8 millions au total — ainsi qu’une part importante de leurs infrastructures sont concentrés sur les zones littorales.
Ces espaces, caractérisés par de faibles altitudes et une forte artificialisation des sols, sont particulièrement exposés aux risques liés notamment à l’élévation du niveau de la mer (submersion marine, érosion du trait de côte, inondations, salinisation des terres et des nappes phréatiques), sans compter une exposition particulièrement élevée aux cyclones et aux ouragans. À cela s’ajoute la fragilisation des récifs coralliens et la dégradation des forêts, zones humides, herbiers ou mangroves qui jouent un rôle essentiel de préservation.
Tous ces effets « entraîneront des conséquences importantes dès 2028 selon le Cerema (expert public de l’adaptation au changement climatique qui intervient auprès de l’État, des collectivités et des entreprises, ndlr), avant une accélération qui touchera massivement les territoires à partir de 2050, alors que l’Hexagone sera davantage touché à horizon de 2070 à 2100 », souligne le CESE. Il y a donc urgence.

« Les territoires ultramarins doivent concilier les objectifs de transition et d‘autonomie énergétique qui doivent être abordés et traités ensemble et de manière complémentaire », ajoute-t-il. Aussi, en raison de la diversité climatique et institutionnelle propre aux Outre-mer, les solutions mises en œuvre doivent être adaptées aux spécificités de chaque département ou collectivité. Elles doivent également tenir compte de leur géographie particulière et de leur insertion dans leur environnement régional, notamment à travers l’élaboration et l’actualisation des Schémas d’aménagement régionaux (SAR).
Le CESE avance une série de recommandations. Premièrement, il « préconise au ministère chargé de la Transition écologique de développer des stratégies spécifiques et transversales aux Outre-mer, notamment dans le PNACC 3 (Plan national d’adaptation au changement climatique, ndlr) et dans la Stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte (SNGITC) ». Objectif : évaluer les échéances à moyen et long terme de la montée des eaux, avec des scénarios basés sur des études scientifiques.
Deuxièmement, Le CESE recommande que l’ensemble des Schémas d’aménagement régionaux (SAR) des Outre‑mer, ainsi que les Plans climat-air-énergie territorial (PCAET), et les documents d’urbanisme ou leurs équivalents, soient soumis à une analyse approfondie de leur exposition aux risques climatiques conformément à la nouvelle Trajectoire de réchauffement de référence pour l'adaptation au changement climatique (TRACC). Le Conseil « demande que ces analyses associent les acteurs du dialogue social et environnemental territorial ».
Enfin, le CESE propose que les préfets et les maires, chacun dans le cadre de leurs compétences, procèdent à la révision de l’ensemble des documents de planification et d’urbanisme en Outre‑mer. Cette mise à jour doit intégrer les risques liés à l’élévation du niveau de la mer, notamment en prévoyant la non‑constructibilité des zones littorales et le déplacement des infrastructures situées dans des secteurs submersibles, en commençant par les Plans de prévention des risques naturels (PPRN) datant de plus de dix ans.
PM
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