L’Institut d’Émission des Départements D’outre-Mer (IEDOM) a publié son rapport sur l’Indicateur du Climat des Affaires (ICA) relative au dernier trimestre 2021. Il en ressort une situation stable en dépit des restrictions liées à la pandémie, et du climat de dégradation social qu’a connu le territoire entre mouvement de grève, émeutes et blocage des axes routiers du port pendant près d’un mois, du 22 novembre au 17 décembre.
Le climat des affaires est stable au 4eme trimestre en Martinique à 102,3 points, proche de la moyenne longue durée de l’indice fixée à 100 points, malgré les difficultés sanitaires et sociales traversées par le territoire, puisque le chiffre d’affaires a augmenté ou est resté stable pour une majorité des entreprises interrogées. De plus, la confiance est au rendez-vous du côté des acteurs économiques puisque 9 dirigeants sur 10 prédisent un chiffre d’affaires en progression ou stable pour 2022. Les dépenses cumulées des ménages semblent quant à elle progresser moins vite, mais restent significativement supérieures à l’année dernière, dans un contexte d’amélioration des conditions sur le marché de l’emploi. Il est important de noter cependant que l’étude a été réalisée avant le début de la crise ukrainienne.
Dans le détail, une majorité d’entreprises (62,6 %) déclare toujours un chiffre d’affaires en progression ou stable au 4e trimestre par rapport au 3 e trimestre, mais elles sont moins nombreuses qu’au trimestre précédent (73,5 %). Au 4e trimestre, de moins en moins d’entreprises déclarent mettre en place des mesures de trésorerie spécifiques (40,5 % contre 47,4 % au 3e trimestre). En revanche, elles sont plus nombreuses (10,9 %) qu’au 3e trimestre (5,2 %) à avoir recours à des financements bancaires hors PGE.
Une ombre au tableau cependant, la hausse des prix à la consommation (IPC) en progression de 0,9 % entre juillet et novembre 2021, où l’énergie contribue pour plus de la moitié à cette hausse des prix. Le contexte international était déjà au renchérissement du prix des hydrocarbures et ce, avant même l’explosion de la crise en Ukraine. Les données étaient alors à l’augmentation du carburant sur la période de 6 % pour le sans-plomb, de 9 % pour le gazole et de 17 % pour le gaz.
Des chiffres qui seront forcément bien plus impactés avec la situation de crise en Europe de l’Est. L’alimentation contribue également à la hausse de l’IPC, mais dans une moindre mesure, puisque ses prix progressent de 0,9 % en quatre mois, dont +2% pour les seuls produits frais.
À noter également, l’amélioration du marché du travail, après un 3e trimestre durement affecté par la 4e vague de contaminations et de restrictions d’activité, affichant une poursuite de sa baisse a -1,6 %. Surtout, le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie D, sans emploi mais non tenus de rechercher un emploi pour cause de formation, de maladie ou d’indisponibilité immédiate, enregistre la baisse la plus notable a -17,6 %, même s’il demeure encore supérieur à son niveau de fin décembre 2020.
Enfin, concernant les perspectives, si l’ensemble des secteurs profite de l’allègement des mesures sanitaire et de la sortie de la pandémie, c’est bien le secteur du tourisme qui entends le plus profiter de l’embellie. Dans ce secteur, le plus éprouvé par les restrictions sanitaires, 45,5 % des entreprises interrogées ont recours aux aides publiques, allant du report ou l’annulation d’échéances sociales ou fiscales au Prêt Garanti par l’État (PGE). C’est toutefois 4,5 points de moins qu’au trimestre précédent, tandis que le recours aux autres mesures spécifiques auprès de leurs fournisseurs et clients est en forte baisse, puisque 18,2 % des entreprises allongent les délais de règlement fournisseurs contre 40,0 % au trimestre précédent et 18,2 % accélèrent le recouvrement des créances clients contre 50 % au trimestre précédent.
Damien Chaillot























