Les Rencontres de l'industrie navale, organisées mercredi 21 janvier par le Groupement des Industries de Construction et Activités Navales (GICAN), vient de publier l’édition 2026 de son Cahier du Maritime dans les Territoires. Cet outil statistique présente une cartographie détaillée de la construction et des activités navales en France et pour chaque région. Si l’apport des Outre-mer demeure marginal, il n’en joue pas moins un rôle stratégique important avec son immense espace maritime.
Cette année, la Marine nationale fête ses 400 ans. Ce sera l’occasion de nombreux événements organisés en France hexagonale et dans les Outre-mer. Dans un contexte de profondes transformations et de concurrence internationale accrue, l’industrie navale contribue pleinement au développement et au dynamisme des territoires : investissements, innovations, exportations, recrutements, modernisation, ré-industrialisation, transition énergétique et montée en compétences en témoignent. Si l’essentiel de l’activité se concentre sur les zones littorales, l’impact économique du secteur se déploie dans l’ensemble des régions.
« Avec plus de 58 200 emplois directs, un chiffre d’affaires cumulé de 15,9 milliards d’euros et plus de 770 entreprises recensées, majoritairement des PME et des TPE, l’industrie navale française se positionne comme la troisième puissance européenne et la neuvième au niveau mondial en tonnage. Elle se distingue par un fort dynamisme à l’export, qui représente 51% du chiffre d’affaires total de la filière, un chiffre qui atteint 83% pour le maritime civil », précise le GICAN.
La France hexagonale possède quatre façades maritimes stratégiques qui permettent le déploiement de son industrie navale. Celle-ci se concentre essentiellement dans quatre régions : Pays de la Loire, Provence-Alpes-Côte-D’azur, Bretagne et Normandie. Les départements, régions et collectivités d’Outre-mer ne sont pas en reste car ils renforcent la couverture maritime de la France, qui dispose du deuxième espace maritime mondial avec 11 millions de km2, dont 97% dans les territoires ultramarins.

La Marine a lancé le label « 400 ans de la Marine » au niveau national afin de mettre en lumière les produits, services, événements et partenaires qui reflètent l’esprit de cette célébration. Les organisations, associations, collectivités territoriales et partenaires sont invités à rejoindre cette dynamique en apposant ce label sur leurs projets prévus pour l’année 2026.
Les Outre-mer possèdent donc « un tissu naval actif, articulé autour de la construction, de la réparation et du soutien aux flottes », indique le GICAN. En Polynésie française, le chantier NSI a livré en 2025 le Tahitian Tuna 2, affirmant le dynamisme de la filière thonière du Fenua. En Nouvelle-Calédonie, en dépit d’une situation incertaine suite aux émeutes et aux négociations en cours, l’activité tourne autour des entreprises comme FMCC Pacific, Catamarine et Terciel, ainsi que sur des ateliers de maintenance au service des flottes de pêche et de surveillance maritime.
À La Réunion, le transfert du dock flottant Titan vers le Grand Port Maritime constitue une avancée majeure pour renforcer les capacités de carénage et assurer le maintien en condition opérationnelle des navires hauturiers, en complément des activités menées par Piriou Réunion. Aux Antilles, la filière de réparation navale demeure un pilier essentiel : Martinique Shipyard et les chantiers locaux prennent en charge l’entretien des navires professionnels comme des bâtiments de l’État.
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En Guyane, des ateliers spécialisés soutiennent également les flottes minières, de pêche et de surveillance. Ensemble, ces territoires renforcent la présence navale française et assurent la continuité industrielle sur l’ensemble des océans. À noter également qu’ « en novembre 2025, le Jean Tranape, long de 80 mètres, quatrième des six nouveaux patrouilleurs d’Outre-mer construits par Socarenam pour la Marine nationale, [a entamé] ses essais militaires à Brest », souligne le GICAN.
Au total, les Outre-mer représentent 1% des emplois du secteur dans toute la France avec 19 établissements, pour 42 millions d’euros de chiffre d’affaires. Ils génèrent 294 emplois directs, 196 indirects et 165 emplois induits. Les territoires ultramarins arrivent cependant en dernière position derrière l’Occitanie et la Bourgogne-Franche-Comté (voir tableau ci-dessus).
PM
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