Le tribunal de commerce examine jeudi les offres de reprise d'Air Antilles

Le tribunal de commerce examine jeudi les offres de reprise d'Air Antilles

Le tribunal de commerce de Pointe-à-Pitre examine jeudi les offres de reprise de la compagnie aérienne Air Antilles, placée en redressement judiciaire début février et dont les avions sont cloués au sol depuis début décembre.

La juridiction guadeloupéenne avait accordé début mars un ultime délai à l'unique candidat déclaré à l'époque, l'investisseur Pierre Sainte-Luce, pour consolider son offre de reprise. Selon des sources proches du dossier, deux offres ont finalement été déposées mais leurs garanties financières restaient insuffisantes à la veille de l'audience.

L'enjeu est important : Air Antilles est avec Air Caraïbes l'unique compagnie proposant des vols directs entre les différentes îles françaises des Antilles et sa liquidation fait craindre une rupture de la continuité territoriale et une hausse des tarifs pour les habitants de Guadeloupe, de Martinique ou des îles du Nord (Saint-Martin et Saint-Barthélemy).

Depuis le 8 décembre, ses avions sont immobilisés sur décision de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC), qui avait pointé des « défaillances très significatives » en matière de sécurité. 

La compagnie, qui compte environ 110 salariés, avait transporté plus de 121 000 passagers en 2025. Détenue majoritairement par la collectivité de Saint-Martin, elle a ensuite été placée en redressement judiciaire le 2 février avec une période d'observation de six mois.

Candidat déclaré à la reprise, l'homme d'affaires guadeloupéen Pierre Sainte-Luce est un médecin de formation ayant fondé un groupe qui gère plusieurs établissements de santé en Guadeloupe et à Saint-Martin et s'est diversifié dans l'hôtellerie, selon le média local RCI.

Les repreneurs potentiels autour de Pierre Sainte-Luce « sont des acteurs locaux qui entendent bien redire que l'avenir de nos îles repose entre leurs mains », a déclaré à l'AFP Jean-Claude Beaujour, avocat du groupe Pewen de Pierre Sainte-Luce.

Son projet prévoit une reprise progressive des salariés, calée sur le redéploiement des avions. « On ne peut pas reprendre tout le personnel alors que les avions ne voleront pas », a expliqué Jean-Claude Beaujour, évoquant un « redémarrage lent » en avril pour atteindre une « vitesse de croisière » d'ici l'automne en se concentrant sur les « lignes rentables ».

« Les salariés vivent cette incertitude depuis vraiment beaucoup trop longtemps et tout le monde a hâte qu'il y ait un réel dénouement, qu'il soit positif ou négatif », a confié à l'AFP Brieuc Hardy, délégué syndical du SNPL France ALPA, le principal syndicat de pilotes de ligne français.

« Il y a un certain stress, une certaine lassitude, on en a assez du report de notre sort à chaque fois », a indiqué Mélissa Germé, déléguée syndicale SNPNC-FO, qui représente le personnel navigant commercial.

Avec AFP