Les compagnies aériennes en France « ne constatent pas (...) d'affaissement de la demande » pour l'été, le niveau des réservations « est au même niveau que l'an dernier », a indiqué mardi Pascal de Izaguirre, président de la Fnam (Fédération nationale de l'aviation).
Le début d’année 2026 affiche une croissance modeste du trafic passagers avec une hausse de 1,1 % par rapport à 2025, a indiqué la FNAM lors de sa conférence de presse. Si le trafic international progresse de 7,8 % par rapport à 2019, le trafic intérieur poursuit son érosion structurelle, en repli de près de 2 % sur un an (-22,7% comparé à 2019).
Pour le trafic entre l’Hexagone et les Outre-mer, celui-ci est à la baisse d’1,1% au mois de mars 2026, par rapport à mars 2025. Il était également à la baisse en janvier (-1,6%) mais à la hausse en février (+2,4%), selon l’indicateur mensuel de la DGAC.
Pour les prochains mois, « il y a certes un certain attentisme, mais quand on regarde l'évolution de notre carnet de commandes de réservations pour l'été, on est au même niveau que l'an dernier. Nous n'avons pas d'inquiétude à ce stade sur la robustesse de la demande et on anticipe tous un été plutôt convenable, une bonne saison d'été », a expliqué Pascal de Izaguirre, malgré la hausse du prix du kérosène.
« Toutes les études indiquent que les Français continuent à sacraliser les vacances d'été », a-t-il ajouté. Le président de la FNAM, également PDG de la compagnie Corsair, a indiqué par ailleurs que pour l'instant les compagnies avaient absorbé l'essentiel de l'envolée du prix du kérosène en comprimant leurs marges, ce qui sera visible dans leurs résultats financiers.
Elles ne comptent pas non plus annuler de vols pour cause de hausse du kérosène. « Il n'y a pas de crainte à avoir d'annulation pour telle ou telle raison commerciale, notamment pour l'été », a-t-il assuré. « Avec les compagnies, nous prenons l'engagement que cet été, il n’y aura pas de carburant qui fera défaut, il n'y aura pas de vol annulé », a aussi affirmé Naïma Moutchou, ministre des Outre-mer, interrogée sur Franceinfo. « Nous ferons tout pour assurer la continuité territoriale » entre l’Hexagone et les Outre-mer.
« Le prix du kérosène, qui pouvait représenter pour les compagnies 25% à 30% du total des coûts, maintenant a pu évoluer jusqu'à 45% », d'où des difficultés pour certaines compagnies. Mais « les hausses tarifaires sont restées modérées et très loin d'être à la hauteur du surcoût du prix du kérosène », a-t-il insisté.
Pas question non plus pour lui d'appliquer un supplément aux billets déjà vendus, ce qui est interdit par l'UE. La compagnie à bas coûts Volotea a mis en place depuis quelques semaines une clause permettant de réviser le prix du billet après l'achat en fonction des variations du coût du carburant, à la hausse - plafonnée à 14 euros - comme à la baisse.
« Les compagnies aériennes se sont montrées raisonnables », pour ne pas impacter la demande dans cette période clé pour les réservations de l'été, a souligné Pascal de Izaguirre. Quant aux annulations, elles ont touché « même pas 2% des vols des compagnies françaises » : elles ont porté sur « certains vols (...) excessivement déficitaires » et se sont « concentrées sur les mois de mai et juin, (...) mais n'ont pas porté sur la période de pointe de l'été », a-t-il ajouté.
Il s'est par ailleurs félicité des récentes décisions permettant aux compagnies d'utiliser du kérosène américain Jet-A et d'étaler certaines charges pour faire face à la crise.
Dans ce contexte de crise au Moyen-Orient, Muriel Assouline, directrice générale des compagnies Air Caraïbes et French bee, a appelé le gouvernement français à « mettre les moyens » sur la production de SAF (« Sustainable Aviation Fuel ») et e-SAF. « Le SAF est le moyen pour la France et l’Europe de regagner leur souveraineté énergétique », a-t-elle insisté.
Pour la FNAM, « les moyens mis en œuvre pour développer cette filière restent insuffisants (100 millions d’euros). Le niveau de souveraineté énergétique et industrielle dépendra directement des moyens mis en face : soutien à l’investissement, mécanismes de financement, fléchage des recettes ETS, contrats pour différence et sécurisation des approvisionnements ».
D’après Pascal de Izaguirre, la Fédération entend jouer un rôle pour la prochaine présidentielle, en mettant en place une plateforme de mesure à défendre pour l’aérien français.
Avec AFP





















