Le président de la Chambre d’Agriculture de Guyane et les agriculteurs ultramarins sortis de garde à vue à Paris

©Confédération paysanne

Le président de la Chambre d’Agriculture de Guyane et les agriculteurs ultramarins sortis de garde à vue à Paris

Le président de la Chambre d’Agriculture de Guyane, Jean-Yves Tarcy, et les agriculteurs ultramarins sont sortis de garde à vue aux environs de 13h, au commissariat du 13ème arrondissement. Ils avaient été interpellé après avoir participé à une manifestation de la Confédération paysanne. 

Jean-Yves Tarcy et plusieurs agriculteurs de La Réunion, de Guadeloupe et de Martinique faisait partie des 52 militants interpellés mercredi après l’occupation d’une annexe du ministère de l’Agriculture par la Confédération paysanne. 

« Seuls des autocollants ont été constatés dans les locaux dans lesquels les personnes avaient pénétré. L'exploitation des vidéo-surveillances a permis de voir un groupe de personnes munies de banderoles et cartons occuper l'entrée et le sas d'une annexe, sans commission de violences ni de dégradation », a relaté le parquet contacté par l'AFP.

En conséquence, le ministère public « a classé en raison de l'absence d'infraction suffisamment caractérisée, pour l'ensemble des personnes interpellées » pour dégradations d'un bien public en réunion et participation à un groupement en vue de commettre des dégradations. 

Mercredi, peu après 16h, une centaine d'agriculteurs de la Confédération paysanne étaient entrés dans une annexe du ministère, en déployant une banderole « L'agriculture, on veut en vivre, pas en mourir ». Selon une source policière, ils étaient munis de banderoles, bombes de peinture, fumigènes et d'un cutter. Un responsable du ministère de l'Agriculture a porté plainte, selon la même source.

Cette action visait à dénoncer la politique agricole du gouvernement et la répartition des subventions publiques. Plusieurs cadres et porte-paroles du syndicat avaient aussi été interpellés, mercredi soir. Un rassemblement de soutien a été organisé dans la matinée devant le commissariat du 13ème arrondissement.

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« Un grand merci, et une grande fierté. Parce qu'on est là pour défendre les petits paysans, c'est pour ça qu'on est là », s'est écrié Jean-Michel Sauvage, agriculteur bio dans le Pas-de-Calais, en sortant du commissariat du 13e arrondissement sous les applaudissements de militants, a constaté un journaliste de l'AFP.

Des élus de gauche, dont l'écologiste Sandrine Rousseau, étaient présents au rassemblement en soutien au 52 agriculteurs interpellés. « On dénonce clairement la répression démesurée que subit la Confédération paysanne », a expliqué à l'AFP Nina Lejeune, secrétaire nationale du syndicat agricole. 

Les élus syndicaux présents s'insurgent également contre ce qu'ils décrivent comme un « deux poids, deux mesures » entre la Confédération paysanne et la FNSEA, principal syndicat agricole, dont les 350 tracteurs ont défilé mardi dans Paris jusqu'à l'Assemblée nationale. « On était rassemblés pacifiquement, il n'y a eu aucun dialogue possible », a affirmé jeudi Nicolas Fortin, secrétaire national de la Confédération paysanne devant le commissariat du 13e arrondissement. 

En Guyane, élus et syndicats agricoles avaient exprimé leur solidarité, dénonçant une réponse jugée répressive. Quinze députés ultramarins avaient également, dans la matinée, exigé la libération de Jean-Yves Tarcy et des agriculteurs ultramarins. À ce stade, aucune information n’a été communiquée sur d’éventuelles suites judiciaires.

 Avec Radio Péyi et AFP