Depuis plusieurs semaines, la Guyane fait face à des phénomènes climatiques d’exception : des fortes pluies, des orages et des montées des eaux, assortis parfois d’une marée saisonnière de haute intensité. Aujourd’hui, plusieurs milliers de Guyanais sont impactés, autant sur le littoral qu'à l’intérieur des terres suite à des inondations qui battent les records cinquantennals.
La résilience des Guyanais est mise à rude épreuve ces dernières 48 heures, leur territoire leur réserve actuellement des situations complexes liées, la plupart du temps, à une géographie particulière. Entre les routes coupées qui ont isolé Saint-Laurent du Maroni et Mana du reste du territoire, les communes de l’intérieur où des villages sont complètement inondés, et le littoral qui lui aussi déplore les conséquences de la météo, la situation de la Guyane mobilise les autorités du territoire, et depuis le centre opérationnel zonal, sous l’autorité du Préfet, tout est maîtrisé.
Le « COZ » véritable bras armé du Préfet de Guyane face aux crises
De plus en plus, nous entendons parler du « COZ », qui signifie le « Centre Opérationnel Zonal » l’équivalent du « COD » pour les préfectures de l’hexagone. Un État-major qui réunit autour du représentant de l’État, également Préfet de Zone, les forces dont il a besoin pour faire face à chaque situation. Les services sont sollicités en fonction de la nature de l’événement. Cette cellule est coordonnée par l’État-major interministériel de Zone et parmi les acteurs incontournables se trouvent les sapeurs-pompiers du service départemental d’incendie et de secours, les forces de sécurité intérieure, et pour la crise actuelle, les experts météo, routes, fleuves et bien entendu les forces armées en Guyane.
Un pont aérien et des réponses d’urgence
Depuis le début de la crise, Thierry Queffelec, ancien conseiller sécurité civile du ministre de l’intérieur, joue la carte de l’anticipation. Chaque sujet est appréhendé avec une stratégie de planification militaire, avec un temps d’avance, du moins quand cela est possible. Selon l’explication du Lieutenant-colonel Teddy Bret, chef de l’État-major de Zone, ces inondations sont à « cinétique lente » ce qui permet au Préfet de Zone une approche adaptée au calendrier du terrain.

A ce jour, les autorités ont déjà fait parvenir en urgence, et grâce à l’engagement du Régiment du service militaire adapté RSMA et à la Croix Rouge, de l’eau potable, des kits de couchage, des tentes, des denrées alimentaires et du carburant, acheminés en hélicoptère vers les communes de Grand Santi, Mana, Apatou, Papaïchton et Camopi. Sur proposition du Préfet, le parquet de Guyane a validé par ailleurs, que des matières premières récemment saisies dans le cadre de la lutte contre l’orpaillage illégal soient redistribuées à la commune de Mana actuellement isolée suite aux perturbations sur les routes.

Samedi 13 mars, la mise en place d'un pont aérien a ainsi été décidée afin de répondre rapidement et efficacement aux demandes des maires de l’Ouest Guyanais. Des vols de CASA seront possibles jusqu’à Maripasoula, qui deviendra un « hub logistique » à partir duquel les pirogues et les hélicoptères, civiles ou militaires, prendront, si nécessaire, le relais pour acheminer les denrées, du matériel ou encore transporter des malades vers les hôpitaux de Cayenne et Saint Laurent. Le petit été de mars devient progressivement une illusion, laissant place à la conviction que le mois de mai sera compliqué, car traditionnellement c'est bien mai le cœur de la saison des pluies.
MCP























