La situation n'est pas nouvelle, mais elle s'aggrave. Avec les départs successifs de deux avocats installés à Saint-Laurent-du-Maroni, la capitale de l'ouest guyanais se retrouve confrontée à une pénurie de représentants de la profession. Sur les 84 avocats inscrits au barreau de la Guyane, un seul dispose d'un cabinet principal à Saint-Laurent, tandis que trois autres y tiennent un cabinet secondaire. Focus avec l’interview de Christine Charlot, bâtonnière de l'ordre des avocats de Guyane, par nos partenaires de Radio Péyi.
Ce manque de professionnels a un impact direct sur l'organisation des permanences juridiques, notamment celles liées à l'assistance des gardés à vue. « Le fait d'avoir moins de cabinets installés, c'est un impact direct sur l'assistance des gardés à vue dans le cadre de permanence dans le cadre de la commission d'office. L'impact direct c'est celui-là donc effectivement ça pose difficulté, mais ce qui pose difficulté aussi c'est que ces permanences elles sont rémunérées par l'État et elles ne sont pas rémunérées en prenant en compte le déplacement de l'avocat à trois-cents kilomètres de son cabinet. Vous prenez une garde à vue qui va être indemnisée cent-cinquante euros, un avocat qui part à Saint-Laurent qui fait donc 600 km avec sa voiture et qui dort sur place il y en a pour plus de 150 euros sur son déplacement », explique Christine Charlot, bâtonnière de l'ordre des avocats de Guyane.
Pour autant, la profession ne délaisse pas le secteur, tient à préciser la bâtonnière. « Il n'est pas exact de se dire que les avocats qui sont domiciliés à Cayenne ne vont pas à Saint-Laurent, ce qui est faux, parce que vous allez dans les audiences correctionnelles, des audiences civiles, vous avez des avocats qui toutes les semaines font le déplacement à Saint-Laurent. Ce qui est véridique c'est qu’effectivement il y a moins de cabinets installés ou ouverts à Saint-Laurent, maintenant, qu'il n'y a plus d'avocats qui sont à Saint-Laurent et qui viennent à Saint-Laurent tout est inexact ».
Malgré ce déséquilibre, la présence d'avocats à Saint-Laurent-du-Maroni perdure, rappelle Christine Charlot : « On a toujours eu malheureusement un déséquilibre entre les avocats pour aller sur l'île de Cayenne et Saint-Laurent et on a toujours été entre deux et trois cabinets. Ça fait bien 5 à 8 ans qu’on a deux cabinets à Saint-Laurent. Il est de ne pas laisser entendre que tout d'un coup, il y a une disparition de tous les avocats de Saint-Laurent. Quand il y en a un ou deux qui partent, forcément ça prend une ampleur plus importante que quand c'est un avocat du littoral qui s'en va, forcément ».
Pour Le constat Christine Charlot, bâtonnière de l'ordre des avocats de Guyane, le constat est clair : la présence d'avocats à Saint-Laurent-du-Maroni reste fragile, et les départs successifs amplifient les contraintes pour l'accès au droit dans cette partie de la Guyane.
Damien CHAILLOT