Santé publique France (SPF) vient de publier pour la première fois un bulletin régional dédié aux principaux indicateurs de mortalité par cause afin de décrire les tendances relevées jusqu’en 2023 aux niveaux régional et départemental. Cette étude vise également à identifier les principales causes de décès et leurs particularités. En 2023, le taux standardisé de mortalité tous facteurs confondus en Guyane a atteint 949,5 décès pour 100 000 habitants. Il s’agit du deuxième taux le plus élevé sur le plan national après Mayotte. Cette situation met en évidence des enjeux majeurs de santé publique dans un contexte marqué par d’importantes disparités territoriales et des défis sanitaires spécifiques à la Guyane.
Pour l’année 2023, SPF a enregistré 1228 décès en Guyane, soit un taux de mortalité de 949,5 personnes pour 100 000 habitants, largement supérieur à celui de la France entière (798,4 décès pour 100 000 habitants). « Le taux standardisé est en diminution par rapport à 2022 (1 009,0 décès pour 100 000 habitants), en lien avec une mortalité moins importante chez les personnes âgées en 2023, également en baisse par rapport à 2021 », constate cependant SPF.
Les deux principales causes de mortalité en Guyane étaient les mêmes qu’au niveau national : les maladies de l’appareil circulatoire (202,4 décès pour 100 000 habitants) et les tumeurs (181,3 décès pour 100 000 habitants). Les facteurs externes de morbidité et de mortalité — c’est‑à‑dire les morts liées à des événements extérieurs — constituaient la troisième cause de décès du territoire, avec un taux de 79,1 décès pour 100 000 personnes (hors symptômes et états morbides mal caractérisés). Ces décès d’origine externe étaient majoritairement liés aux accidents de la vie courante, aux suicides et lésions auto‑infligées, ainsi qu’aux chutes accidentelles.

D’après l’étude, « la mortalité et la morbidité liées aux causes externes ainsi qu’aux maladies de l’appareil respiratoire affichent une légère augmentation depuis 2020. Pour les maladies endocriniennes, nutritionnelles et métaboliques, après une hausse marquée entre 2019 et 2021, le nombre de décès se stabilise entre 2021 et 2023 ». SPF a observé deux évolutions particulières. D’une part, les morts dues aux maladies de l’appareil génito‑urinaire, neuvième cause de mortalité, ont augmenté entre 2020 et 2022 avant de reculer en 2023. D’autre part, les décès associés aux maladies de la peau et du tissu cellulaire sous‑cutané, classés au douzième rang des causes de mortalité, sont en progression continue depuis 2021.
En 2023, les taux de mortalité liés aux tumeurs, aux troubles mentaux et du comportement, ainsi qu’à certaines affections dont l’origine remonte à la période périnatale, étaient significativement plus faibles que dans la France entière. Il convient toutefois de souligner que la mortalité par tumeur de la prostate est plus élevée en Guyane (21,6 décès pour 100 000 habitants) qu’au niveau hexagonal (11,3). Aucune différence notable n’a été observée concernant les maladies du système nerveux et des organes des sens — incluant notamment la maladie de Parkinson et la maladie d’Alzheimer —, les malformations congénitales et anomalies chromosomiques, ainsi que la COVID‑19.

Par ailleurs, SPF souligne que « les taux étaient près de deux fois supérieurs à la France pour les maladies infectieuses (31,2 pour 100 000 habitants) et maladies endocriniennes, nutritionnelles et métaboliques (73,1). Les taux de mortalité pour sida (maladie VIH) et hépatites virales étaient en particulier plus élevés qu’en France (respectivement 0,3 et 0,4). Les taux de mortalité pour causes externes de morbidité et mortalité (79,1), maladies du système ostéoarticulaire, des muscles et du tissu conjonctif (13,6) et maladies de la peau et du tissu cellulaire sous-cutané (12,6) sont les plus élevé des régions de France ».
En 2023, la mortalité masculine demeurait plus élevée en Guyane, comme au niveau national. Le taux de mortalité standardisé atteignait 1131,9 décès pour 100 000 hommes, contre 779 pour 100 000 femmes, ce qui indique une mortalité plus importante chez les hommes à âge comparable. Cette différence se retrouve également dans la France entière. La mortalité prématurée (avant 65 ans) s’élevait à 281,9 décès pour 100 000 habitants, un niveau nettement inférieur à celui observé chez les personnes de 65 ans et plus (3689,7 décès pour 100 000 habitants). Toutefois, ce taux de mortalité prématurée reste sensiblement plus élevé qu’au niveau national.
PM
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