Escrime: la Guadeloupéenne Ysaora Thibus championne du monde du fleuret

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Escrime: la Guadeloupéenne Ysaora Thibus championne du monde du fleuret

La Guadeloupéenne Ysaora Thibus a été sacrée championne du monde du fleuret, mardi aux Mondiaux d'escrime du Caire.

 

Médaillée de bronze en 2017 et en argent en 2018, Thibus décroche enfin l'or grâce à sa victoire en finale contre l'Italienne Arianna Errigo, 15 touches à 10. La Guadeloupéenne de 30 ans a réussi à rebondir après sa déception l'été dernier aux Jeux olympiques de Tokyo, où elle avait été sortie dès le deuxième tour du tournoi individuel.

La Guadeloupéenne apporte à la France son premier titre et sa deuxième médaille dans ces Mondiaux, après l'argent décroché par Maxime Pianfetti au sabre lundi. Ysaora Thibus est la première fleurettiste française sacrée championne du monde depuis le titre de Marie-Chantal Demaille en 1971.

Ysaora Thibus lors de sa finale au Caire © DR

Reconstruction après l'échec de Tokyo

Pour Ysaora Thibus, 31 ans, ce premier titre de championne du monde résonne singulièrement avec la désillusion vécue il y a an à Tokyo, où elle s'est inclinée au 2e tour du tournoi individuel.

Atteinte psychologiquement, la Guadeloupéenne avait confié à l'AFP n'avoir repris l'entraînement que quatre mois après la compétition. "Je n'avais vraiment plus envie d'entendre parler d'escrime. J'étais épuisée psychologiquement après ces Jeux. Tous les obstacles pour pouvoir s'entraîner les derniers mois ont créé une espèce de dégout", avait-elle avoué.

Médaillée de bronze continentale en 2013, vainqueur d'une coupe du monde en 2015, et une progression constante dans la hiérarchie mondiale: le parcours d'Ysaora Thibus avait jusque-là suivi alors une trajectoire rectiligne depuis ses débuts chez les seniors.

Sa médaille d'argent aux Mondiaux de Chine, à l'été 2018, avait même validé son choix de s'exiler aux Etats-Unis avec son compagnon Race Imboden, ancien N°2 mondial et vainqueur de 7 Coupes du monde. "C'est un vrai challenge, c'est un choc culturel, on s'éloigne de sa structure d'origine, de ses amis et de ses proches. C'est difficile de s'adapter, ce sont des choses qui prennent du temps. Il y a aussi la pression des gens qui attendent que l'on réussisse tout de suite", avait-elle souligné en 2019.

A l'hiver 2018, elle s'est séparée de son entraîneur ukrainien Serguei Golubitski pour s'attacher les services de l'Italien Stefano Cerioni, chargé du fleuret russe entre 2012 et 2016. L'échec de Tokyo a incité Thibus à se mettre en quête d'un nouveau maître d'armes, Giulio Tomassini, autre illustre coach italien, en vue de Paris-2024.  
Une collaboration fructueuse, comme en témoigne ce titre de championne du monde au Caire, et prometteuse à deux ans des Jeux de Paris, où Ysaora Thibus compte bien décrocher son premier titre olympique à 33 ans.
 

Avec AFP