Environnement : Les Outre-mer au rendez-vous des trente ans de l’Agence de la transition écologique (ADEME)

Vue d’une exploitation agricole en Martinique ©ADEME

Environnement : Les Outre-mer au rendez-vous des trente ans de l’Agence de la transition écologique (ADEME)

L’ADEME vient de publier son rapport annuel 2021, qui coïncide avec ses trente ans d’existence. Avec ses multiples projets citoyens et d'entreprenariats dans les collectivités et les territoires ultramarins, son impact est incontestable en termes de financements, d’expertise, d’innovation et de mobilisation. Exemples de ses activités dans les Outre-mer.

Connaissez-vous le « slow tourisme » ? Derrière cette appellation se cache la défense d’un tourisme durable s’appuyant sur les principes de sobriété et d’efficacité énergétique, de gestion du temps, d’éco-mobilité ou de protection des patrimoines naturels. Il est au cœur d’un appel à projets porté par l’ADEME. Cet appel est l’un des trois volets du Fonds tourisme durable de 50 millions d’euros de France Relance, mis en place en décembre 2020 par l’Agence de la transition écologique. Il est dédié au monde rural, à la montagne (La Réunion par exemple), à la Corse et aux Outre-mer en général.

L’ADEME soutient également la transition écologique des PME grâce aux 30 milliards d’euros de budget du Plan France Relance de l’Etat. Pour aider les entreprises à s’y engager, l’ADEME a lancé deux initiatives inédites en 2021, totalisant près de 50 millions de dotations : « Un guichet simplifié délivrant une aide financière pour aider les entreprises à engager leur transition écologique et un appel à projets destiné à accélérer la mise sur le marché de produits ou solutions innovants et respectueux de l’environnement », précise l’Agence. Des TPE et PME d’Outre-mer en ont bénéficié avec des subventions forfaitaires comprises entre 5000 et 200.000 euros selon la nature des projets (transition écologique), et de 100 000 euros (volet innovation). 

Mais l’ADEME ce sont également les acteurs publics et institutionnels, qui jouent un rôle primordial pour relever les préoccupations environnementales. Exemple en Guadeloupe, où la Communauté d’agglomération Cap Excellence est l’une des premières collectivités à s’être impliquée dans le nouveau programme « Territoire engagé transition écologique » de l’Agence qui réunit le label Climat-Air-Énergie et le label Économie circulaire. Anaïs Taupe, directrice du développement durable de la collectivité explique notamment dans le rapport de l’institution : « Si nous n’agissons pas, un tiers de notre territoire (25% de la population et 50% des emplois de la Guadeloupe) sera immergé en 2100. Nous devons donc œuvrer sur tous les domaines de la transition : le développement des énergies renouvelables, la mobilité, les déchets, la protection de la mangrove…» Un défi colossal que permet notamment la labellisation de l’ADEME. 

Un aperçu de l’action de l’ADEME en Martinique

L’association le Réveil Agricole lutte contre le gaspillage alimentaire à la source en aidant les agriculteurs martiniquais à donner leurs invendus à la Banque Alimentaire.

Le rapport 2021 de l’ADEME souligne par ailleurs le caractère particulier des régions d’Outre-mer, ainsi que de la Corse. Elles sont qualifiées de zones non interconnectées (ZNI) car elles ne sont pas reliées au réseau électrique hexagonal, du fait de leur insularité. L’objectif fixé par la loi relative à la Transition énergétique pour la croissance verte est de parvenir à l’autonomie énergétique en 2030 (et 2050 pour la Corse), alors que leurs émissions sont fortement carbonées avec une production électrique beaucoup plus coûteuse que dans l’Hexagone. 

« Dans un tel contexte, et à l’heure où les territoires d’Outre-mer œuvrent à la révision de leurs programmations pluriannuelles de l’énergie, l’ADEME a souhaité leur donner des pistes pour réussir cette transition grâce aux énergies renouvelables. Présentées dans l’étude « Vers l’autonomie énergétique des ZNI », menée sur six d’entre elles et publiée en janvier 2021, les résultats sont très encourageants. Ils démontrent que l’autonomie énergétique et le mix très majoritairement renouvelable y sont possibles dans un horizon post 2035 », note l’ADEME.

L’Agence de la transition écologique relève cependant que de nombreuses adaptations seront nécessaires. Entre autres, une évolution des régulations du réseau, un accompagnement dans la durée, ainsi qu’une réforme de la fiscalité qui repose aujourd’hui en partie sur la taxation des combustibles importés.

Plus d’infos sur les directions régionales de l’ADEME en Outre-mer

PM