Environnement : 14 décharges littorales à risques dans les Outre-mer ciblées par un Plan national de résorption

Vue de l’Anse Charpentier en Martinique ©DR

Environnement : 14 décharges littorales à risques dans les Outre-mer ciblées par un Plan national de résorption

Dans la continuité du One Ocean Summit à Brest, la secrétaire d’Etat chargée de la Biodiversité, Bérangère Abba, a présenté le 18 février le Plan national de résorption des décharges littorales. L’objectif est de traiter sur dix ans les 55 décharges littorales françaises présentant à court terme le plus fort risque de déversement de déchets en mer, ce qui constitue une menace environnementale majeure. Parmi elles, 14 se trouvent dans les Outre-mer.

« Conscients de l’urgence à intervenir sur ces sites fortement exposés aux risques de submersion marine et d’érosion du trait de côte, nous nous engageons aujourd’hui dans un programme décennal complet de résorption de ces décharges littorales », a déclaré Bérangère Abba dans un communiqué. La liste de ces 55 décharges à risques a été effectuée par le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM).

Ce dernier a précisé que l’inventaire, qui est évolutif, n’a pas vocation à identifier les dépôts sauvages de déchets, mais des anciennes décharges brutes, communales ou non, dont les déchets ont pu être recouverts et dont on a pu perdre la trace. « Il ressort de cet inventaire que 55 décharges, situées à moins de 100 mètres du bord de mer sont soumises à des aléas de submersion marine ou d’érosion, occasionnant des risques avérés de relargage dans l’environnement de déchets ménagers ou industriels », estime le BRGM.

Le Plan national de résorption des décharges littorales, prévu sur les dix prochaines années, s’appuie sur deux établissements du ministère de la Transition écologique : le Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Cerema) apportera son expertise aux collectivités concernées, pour les assister dans la conception des projets de résorption. L’État, quant à lui, apportera un soutien financier pour la réalisation des études et travaux à hauteur de 50% maximum du coût de l’opération, via un fonds dédié de l’Agence de la transition écologique (Ademe), doté de 30 millions d’euros pour l’année 2022. 

Liste des décharges littorales Outre-mer à risques de relargage de déchets en mer, soumises aux aléas érosion et/ou submersion marine

©Ministère de la Transition écologique

Cette année, trois sites vont être traités en priorité : l’ancienne décharge de Dollemard, dans la périphérie nord de la ville du Havre, l’ancienne décharge de Pré Magnou située sur la commune de Fouras (Charente-Maritime), et celle de l’Anse Charpentier entre les communes de Sainte-Marie et du Marigot en Martinique.

Concernant cette dernière, « compte tenu du recul du trait de côte, le site est aujourd’hui soumis à l’érosion du littoral, bien que la décharge soit à 4 mètres au-dessus du niveau de la mer. Le relargage des déchets dans la mer est ainsi aujourd’hui visible sur la plage de Sainte-Marie, alors que cette plage est fréquentée (surfers, point de vue, proximité d’un restaurant renommé, sentier littoral nord-atlantique) », souligne le ministère de la Transition écologique. Par ailleurs, cette plage représente en Martinique le plus grand site de ponte des tortues Luth, espèce nationale protégée et classée comme vulnérable sur la liste rouge des espèces en voie de disparition par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

Un projet de réhabilitation, porté par l’Etablissement public de coopération intercommunale (EPCI) et la Communauté d'Agglomération du Pays Nord (CAP Nord) Martinique, est en cours de réalisation. Il portera notamment sur « l’enlèvement d’environ 10.000m3 de déchets divers après tri et traitement ; la renaturation du site avec apport de terre végétale, remodelage, restauration du cheminement du sentier du littoral nord-atlantique, re-végétalisation et implantation de nouvelles infrastructures d’accueil du public ».   

PM