Eau en Outre-mer : Les législations européennes sont-elles adaptées aux réalités ultramarines ?

Eau en Outre-mer : Les législations européennes sont-elles adaptées aux réalités ultramarines ?

Dernier dossier consacré au colloque « L'outre-mer veut sortir la tête de l'eau ». II s'est tenu au Sénat le lundi 7 février 2022 porté par le think-tank Métamorphoses Outremers en partenariat avec Outremers360. En lien avec de nombreux partenaires, le think tank a voulu mieux faire connaître la réalité de l’outre-mer sur la question de l’accès à l’eau. Ce colloque a réuni en présentiel et à distance des élus, chercheurs, personnalités et associations pour porter la voix de ces territoires en préface du 9e Forum Mondial de l’eau qui aura lieu du 21 au 26 mars à Dakar.

Julie Trottier, comme l’est sa vision, a une formation systémique : chimiste, Directrice de recherche (CNRS, universités, Science Po…) ethnographe. Spécialiste des questions de partage des eaux dans le monde arabe, elle questionne la justesse des législations européennes surtout quand on les applique aux territoires d'Outre-Mer. On discute de la partie terrestre de l’eau. On regarde les interactions que les humains entretiennent avec l’eau. Ils sont plusieurs en interaction avec ce cycle. Est-ce seulement un stock ? C’est aussi un flux. Alors, attention à la notion d’économie de l’eau : trop d’efficacité devient une catastrophe pour l’acteur en aval. Quand les acteurs savent s’adapter l’un à l’autre cela devient durable. 

Chacun d’entre nous a en tête un schéma de l’ordre social. En France c’est l’État, dans d’autres sociétés ce sera la famille élargie. À chaque ordre social se combine un ordre naturel, une représentation que l’on se fait de la nature. Cette question est devenue récurrente entre adeptes des performances, de l’artificialisation, du stockage, et adeptes du ruissellement ou au moins de l’infiltration dans les sols. Ce conflit a animé le dernier Varenne de l’eau :

Si pour Julie Trottier chaque culture possède sa représentation de l’ordre naturel qui peut se trouver en désaccord avec l’ordre social qu’on lui impose, ce qui est souvent le cas, pour Alexandre Decout, président de Atanc LB et OM, co-animateur du groupe de travail sur les DROM, le Pananc 3 (plan national 2021/2026 pour l’assainissement non collectif) en est à la demande d’agrément des dossiers. Une révision réglementaire est nécessaire et il convient de travailler sur la prise en compte des particularités locales. Actuellement selon Alexandre Decout, la réglementation ne correspond pas aux conditions ultramarines de climat, d’accessibilité…Une valorisation agronomique ou en irrigation des sous-produits de l’ANANC devrait être possible.

Retrouvez les précédents articles sur le colloque « L'outre-mer veut sortir la tête de l'eau » ici.