Le lundi 7 février 2022, Le Sénat, en salle Médicis, a accueilli le colloque “l’outre-mer veut sortir la tête de l’eau” porté par le think-tank Métamorphoses outremers en partenariat avec Outremers360. Retour sur cet événement avec Harry Ozier Lafontaine et le BRGM Martinique, et aborde la problématique de l'eau dans la Grande Caraïbe et des pistes pour la résilience face aux changements climatiques.
En lien avec de nombreux partenaires, le think tank a voulu mieux faire connaître la réalité de l’outre-mer sur la question de l’accès à l’eau. Ce colloque a réuni en présentiel et à distance des élus, chercheurs, personnalités et associations pour porter la voix de ces territoires en préface du 9e Forum Mondial de l’eau qui aura lieu du 21 au 26 mars à Dakar. Retour sur cet événement avec:Harry Ozier Lafontaine et le BRGM Martinique, et aborde la problématique de l'eau dans la Grande Caraibe et des pistes pour la résilience face aux changements climatiques.
Harry Ozier Lafontaine, Docteur en Environnement Physique et Agronomie AgroParisTech et HDR, est directeur de recherche à l’INRAe (Institut national pour la recherche agronomique, l’alimentation et l’environnement) depuis 2013. Il vient d’être nommé Chargé de Mission International auprès DRI INRAE & UMA-RI INRAE-Cirad `
Interviewé en 2017, il préparait cette stratégie à partir de trois défis : les bouleversements climatiques, une moindre dépendance alimentaire et la diminution des intrants pour un meilleur respect des sols. Une stratégie 2030 qui met en œuvre One health/one water comme il l’explique dans sa vidéo. Cette « bioéconomie » est désormais au coeur des projets de cet exepert qui regarde la zone dite « grande caraïbe ».qui inclut les 3 territoires français.
Pour l’agriculture, partout dans le monde, il va falloir faire plus avec moins d’eau. Co-construire le one water, l’équité en matière d’eau .
En 2030, il faudra nourrir 1 milliard d’hommes en plus, avec 60% de l’eau disponible et ce sont les politiques qui avec l’aide de la science devront faire les choix.
Or l’eau est au cœur des rivalités Le mot « rivalité » tire son origine du latin rivus, « ruisseau ». Cette racine a donné les mots riverains et rivaux, autrement dit, à l’origine, ceux qui tirent leur eau du même cours. Les divers usages de l’eau sont concurrentiels et dans la Grande CaraÏbe la disponibilité de l’eau présente de forts contrastes: abondante (Guadeloupe avec son Château d’Eau sur l’île de Basse-Terre, ou la Guyane avec son réseau fluvial), ou rare (îles de l’arc calcaire comme la Barbade, Antigua, la Grande-Terre en Guadeloupe, …) La recherche s’attaque à l’inventaire des eaux de surface et des nappes phréatiques, aux conséquences dues aux changements climatiques (salinisation, montée des eaux, évènements extrêmes…) et propose des solutions.
Les unes se rapprochent de solutions fondées sur la nature comme l’usage des plantes filtrantes, d’autre’s sont plus techniques comme la réutilisation des eaux résiduaires ou le WFA (water from air)
Comme dans l’hexagone on évoque l’augmentation des conditions de stockage mais les conflits du Varenne de l’eau liés aux « bassines » dans le sud ouest pour la culture du maïs ne trouve pas écho pour l’instant dans les noms où l’on privilégie les retenues pluviales. Il faut également prendre en compte les menaces sur l’eau évoquées par les risques liés à l’orpaillage en Guyane et la chlordécone en Guadeloupe et Martinique:
Des rapports récents proposent des pistes de recherches
L’un mené par le BRGM portera sur l’état des nappes phréatiques en Martinique, utilisées à 5% en Martinique contre 60% dasn l'hexagone.Jusqu’à présent on se contentait de la ressource eau des ruisseaux et rivières aujourd’hui polluée. On envisage une centaine de forages, mais en tenant compte de l’état de contamination des nappes donc de la géologie, car certains sols ont laissé s’infiltrer la chlordécone. L’autre étude, conjointement menée par l’IRD et le CIRAD, cherche à savoir quels types de légumes peuvent aujourd’hui être à nouveau cultivés.























