Colonisation : Le député de Guyane Gabriel Serville dénonce les propos du Premier ministre

Colonisation : Le député de Guyane Gabriel Serville dénonce les propos du Premier ministre

Dans une lettre ouverte au Premier Jean Castex, le député de Guyane Gabriel Serville dénonce les propos du chef du gouvernement prononcé dimanche soir au JT de TF1, faisant un parallèle entre de supposées « justifications » à « l’islamisme radical » et la colonisation. 

« Je veux dénoncer toutes les compromissions (…), les justifications à cet islamisme radical », a déclaré le Premier ministre, poursuivant : « nous devrions nous auto-flageller, regretter la colonisation, je ne sais quoi encore ! ». Un parallèle hasardeux qui n’a pas manqué de faire réagir. Ainsi, dans une lettre ouverte, le député de Guyane a dénoncé une déclaration « qui a heurté nombre de nos concitoyens ».

« Dès lors, comment s’expliquer un tel impair de votre part Monsieur le premier Ministre ? », interroge-t-il, « Êtes-vous à ce point en désaccord avec une longue lignée d’auteurs, et d’intellectuels du 20ème siècle qui, par leurs travaux, particulièrement après l’abomination que fut la seconde guerre mondiale, ont enrichi durablement les humanités françaises, d’une sensibilité qui lui avait été trop longtemps étrangère : celle de l’Autre. Lui faisant ainsi comprendre que les Droits de l’Homme, impliquent le respect de tous les Hommes, quels que soient, leur couleur de peau, leur culture, leur genre, leur religion, leur orientation sexuelle, etc ? ».

Pour le député, « cette déclaration, faite, l’air de rien sur le plateau TV de TF1, correspond à un clin d’œil, à peine discret, fait en direction de l’extrême droite, dans le cadre d’un agenda électoral qu’il n’est guère difficile de deviner... ». Gabriel Serville fait part de son « désappointement quand un homme d’état de premier plan se fait le support de certains courants d’idées, qui prennent une résonance particulière en ces temps troublés » : « au lieu d’unifier la Nation, vous la divisez en ouvrant de nouvelles lignes de fracture ».

« Monsieur le Premier Ministre, une France unifiée autour des valeurs de la République, et se voulant porte-voix de la déclaration universelle des droits de l’homme ne peut avec cynisme s’enferrer dans le terrain mouvant du déni de l’absurdité coloniale, sous couvert de refus de la repentance : Je le dis avec force : Les Hommes sont égaux ! Et si ce précepte est également le vôtre, la colonisation est une monstruosité, autant par l’idéologie qui l’anime que par les moyens dont elle use et les objectifs qu’elle vise », poursuit-il.

« Des excuses s’imposent d’URGENCE ! », a estimé le député sur Twitter.

Lettre ouverte à Jean Castex