Du 3 au 12 avril 2025, le Festival International du Film Documentaire de Martinique « Les Révoltés du Monde » revient pour une 9ème édition au Palais des Congrès de Madiana, mais aussi hors les murs dans 14 communes partenaires. Au programme une sélection de 14 films inédits marquant des moments de découverte et de réflexion autour d’initiatives citoyennes, de mouvements sociaux ou de luttes politiques en faveur de la liberté, de l’égalité et justice à partager.
Cette année encore, l’association Protéa poursuit sa volonté de faire connaître l’histoire des afro-descendants, des peuples d’Afrique et des sociétés ultramarines par le biais du cinéma documentaire en organisant en Martinique un festival à dimension internationale où sont projetés des films documentaires accessibles au plus grand nombre. Ce festival se décline aussi en Guyane, à La Réunion, mais aussi dans l’Hexagone où sont présentés, après une soigneuse sélection, des films de qualité, inédits souvent, adaptés à chaque région et à chaque édition.
Des films, dont certains sont présentés en compétition car si ce festival est orienté et engagé et s’entend comme des « moments de découverte et de réflexion autour d’initiatives citoyennes, de mouvements sociaux ou de luttes politiques en faveur de la liberté, de l’égalité et de la justice », il est aussi une compétition avec un jury composé de professionnels culturels qui attribue différents prix.
Des films autour de thématiques de luttes sociales et politiques
Pour cette 9ème édition du Festival International du Film Documentaire de Martinique « Les Révoltés du Monde », c’est une sélection de 14 films qui sera au programme. Parmi eux, une dizaine sera en compétition pour différents prix, dont le Prix spécial du jury « Prix Gérard Guillaume », le Prix du meilleur film ultramarin « Prix Jean-Paul Journelle » et le Prix du meilleur documentaire musical. Ces prix seront décernés par un jury de 7 professionnels présidé par la cinéaste martiniquaise Camille Mauduech. Par ailleurs, le Prix des Jeunes sera décerné par un jury de 7 lycéens, tandis que le Prix du public sera attribué à un documentaire « coup de cœur » en compétition.
Reste que les films choisis, qu’ils soient en compétition ou non, tourneront autour des thématiques de luttes sociales et politiques qui montrent la circulation des résistances dans l’espace et le temps. C’est le cas de « Aux origines de l’esclavage » qui explore la mémoire de la traite et de l’émancipation ou de « Malcom X, la justice quel qu’en soit le prix » ou de « MK, l’armée secrète de Mandela » en Afrique du Sud qui nous renvoie au combat vers la liberté et l’égalité.
Plus actuel, « Nouvelle-Calédonie : l’invraisemblable verdict » donne une certaine profondeur à l’actualité en revenant sur le procès de l’assassinat d’indépendantistes kanaks en 1984. « Est-ce que Maryse dort ? Sur les traces d’encre de Maryse Condé », un documentaire sur la célèbre autrice guadeloupéenne disparue en 2024, vient, un an après sa mort, rendre hommage à son immense œuvre.
L’occasion de rencontres et d’échanges avec le public
Comme à l’accoutumée, la programmation continue de mettre l’accent sur certaines thématiques qui sont chères à l’esprit qui anime l’association comme les enjeux climatiques à l’instar de « Le Combat pour Laikipia » qui se déroule au Kénya et qui a pour cadre un conflit foncier entre les Samburu, peuple nomade éleveur de bétail et des colons propriétaires terriens, ou les droits de l’enfance avec « Pensionnats catholiques de Guyane : la blessure » où plus de 2000 enfants amérindiens et noirs-marrons ont été contraints de suivre une éducation stricte, et « Adoption internationale, un scandale planétaire » qui traite des bébés volés et des dérives de l’adoption internationale, ou encore l’égalité et la sororité avec le « Mythe de la Femme noire » ou « Sœurs de la terre – Guadeloupe, les guérisseuses du territoire » qui montre le combat des femmes atteintes du cancer du sein résultant l’empoisonnement au chlordécone en lutte pour leur survie.
Enfin, les documentaires musicaux désormais en compétition ne sont pas en reste. « Vivre et laisser vivre : la voix de Jackie Shane » et « Être noir à l’opéra », posent ainsi la place des noirs et de certaines minorités sexuelles dans certains milieux artistiques en France. Ou « Carlos : L’odyssée Santana » qui dresse le portrait de l’un des plus grands artistes du monde de la musique en la personne de Carlos Santana.
Ce festival est aussi l’occasion de rencontres et d’échanges avec le public. Ainsi, toutes les projections sont suivies de débats avec des invités en lien avec le film projeté. Il ambitionne aussi d’atteindre tous les publics en leur étant accessible. C’est pourquoi, outre le Palais des congrès à Madiana, ce festival se décline hors les murs en permettant à 14 communes de l’île de bénéficier de certaines séances ainsi que certains établissements scolaires et le centre pénitentiaire de Ducos.
E.B.
9ème édition du Festival International du Film Documentaire de Martinique « Les Révoltés du Monde »
Du 3 au 12 avril 2025
Palais des congrès de Madiana
97233 Schoelcher
Du 7 au 12 avril 2025
En communes – hors les murs
Renseignements : www.revoltesdelhistoire.fr – associationprotea2014@gmail.com – tél : 06 96 08 95 40