Le jeune parti Éveil Océanien a réagi à la chute du gouvernement calédonien, dans un long communiqué publié ce jeudi 4 février, il revient sur les 18 mois de gouvernance, exprime sa déception face à un dialogue polarisé et rompu, appelle à l’unité et à l’urgence de la mise en place d’un nouveau gouvernement.
L’Éveil Océanien a vu ses craintes se réaliser avec la chute du gouvernement. Milakulo Tukumuli, s’exprimait il y a quelques jours sur l’inconvenance d’une motion de censure à l’égard du gouvernement et des risques que cela représentait en cette période troublée pour le territoire.
Dans un communiqué de 3 pages publié ce jeudi 4 février, le parti qui veut incarner « la troisième voie », revient sur un bilan gouvernemental contrasté, les risques encourus par le territoire, et appelle à une mise en place rapide d’un nouveau gouvernement, se gardant de prendre parti pour les loyalistes ou les indépendantiste. Évoquant son origine et ses choix politiques, l’Éveil océanien rappelle que « de par son positionnement particulier sur la question de l’avenir institutionnel, [l’Éveil Océanien] décide alors de partager le pouvoir entre Loyalistes et Indépendantistes », en référence à son soutien au gouvernement loyaliste de Thierry Santa, puis à l’indépendantiste Roch Wamytan au Congrès.
« Ce qui est fondamental pour nous, ce n’est pas à qui reviendra la présidence, indépendantiste ou loyaliste, c’est de mettre en place un gouvernement de combat capable de relever les nombreux défis devant nous et de prendre de la hauteur vis-à-vis de la question de l’avenir institutionnel », a poursuivi le parti qui, en juillet dernier, avait rejoint les rangs de l’UC-FLNKS et Nationalistes au Congrès, permettant la réélection haut la main de Roch Wamytan à la tête de l’institution.
Mais la principale inquiétude du parti qui prône la neutralité et le vivre-ensemble réside surtout autour de la question de la temporalité choisie pour cette démission des partis indépendantistes du gouvernement, ayant entraîné sa chute. « Pourquoi aujourd’hui en février 2021 ? Le choix du moment est périlleux pour tous. Le budget n’a pas été adopté en 2020, et s’il ne l’est pas avant le 31 mars prochain, le pays passera sous la tutelle de l’État (…). Pourquoi maintenant, au regard des crises économique, sociale et sanitaire qui frappent le pays ? ».
Constat d’échec, pour le parti lui-même, « nous avions cru, à tort peut-être, qu’un équilibre dans le partage des institutions allait concentrer les efforts des deux blocs dans le règlement des difficultés de notre pays », regrettant une nouvelle fois « la politique de la bipolarisation qui montre encore une fois ses limites, et ce, au détriment du quotidien des Calédoniens ».
Enfin, le parti de Milakulo Takamuli veut conclure sur une note d’espoir teintée de prudence, en évoquant la poignée de main de Jacques Lafleur et Jean-Marie Tjibaou. « La troisième voie que nous prônons à l’Éveil Océanien n’est ni plus ni moins que la continuité de la voie de ceux qui ont essayé de concilier les deux blocs avant nous, et que ces deux hommes, que tout opposait, ont réussi à formaliser en 1989 au prix de lourdes concessions qui sont, aujourd’hui, malheureusement remis en cause ».
Damien Chaillot.























