Nouvelle-Calédonie : Le marché immobilier dans l’expectative

Nouvelle-Calédonie : Le marché immobilier dans l’expectative

Dans le domaine de l’immobilier calédonien, les mauvaises nouvelles se suivent et se ressemblent. Les projets sont arrêtés. La toile internet fourmille d’offres de ventes. Alors, selon l’adage « quand le bâtiment va, tout va », et si le marché de l’immobilier est bien le reflet d’une économie, il y a de quoi s’inquiéter. Un sujet de nos partenaires Actu.nc

Au chapitre des mauvaises nouvelles, tout a commencé par le projet du Carré Rolland annulé par ses promoteurs. Puis est venu le complexe commercial du quai Ferry aux trois-quarts vide. Enfin les déclarations du maire de Dumbéa, Georges Naturel appelant à un arrêt des constructions dans sa commune. Si l’on ajoute la déprime profonde de l’industrie du BTP qui a perdu plus de 2 500 emplois en quelques années et l’arrêt de la défiscalisation sur les logements neufs, la coupe est pleine.

Sur internet, les offres de vente d’appartements ou de maisons se multiplient. « Mais pas forcément à des prix intéressants » tempère Cédric Bérode, vice-président de la confédération de l’immobilier. « Les gens testent leur bien, veulent tâter le marché avant de prendre une décision. Ils fixent souvent un prix assez élevé pour voir l’état du marché ».

Demandes d’expertise 

Il est vrai que ces derniers mois, les nerfs des propriétaires ont été mis à rude épreuve. Deuxième référendum, blocages des mines du Sud et de la SLN, spectre de la faillite de la CAFAT ou encore tensions des camps politiques, ont mis en berne le moral de ceux qui croient encore en l’avenir du Pays. Mais de là à retourner dans l’Hexagone ou à s’exiler en Australie, en Nouvelle-Zélande au Canada ou ailleurs, la démarche est rendue compliquée en période de pandémie du Coronavirus.

« Les propriétaires maintiennent leur prix et souvent l’évaluent au-dessus de celui du marché », constate Cédric Bérode. « Alors oui, nous avons beaucoup de demandes d’expertise mais ils gonflent un peu le montant de la vente ». Et dans un marché assez saturé, il n’est pas simple de vendre son bien. D’autant que, selon l’ISEE, 9 926 personnes ont quitté la Nouvelle-Calédonie entre 2014 et 2019. Ce flux migratoire négatif s’est traduit par près de 5 000 absences dans la capitale. « Avant, on avait de 4 à 5 maisons maximum à vendre. Maintenant, nous disposons d’une offre beaucoup plus large » reconnaît Cédric Bérode.

Lié au nickel

Mais le vice-président de la confédération de l’immobilier relève tout de même une tendance à la reprise. « Si la mode est de faire estimer son bien, on voit aussi que les ventes et les achats reprennent dans le bâti plus ancien. On assiste aussi à l’arrivée de nouveaux acquéreurs venus de Métropole. Est-ce dû à la Covid-19 ? » se demande-t-il. Seuls les marchés locatifs et d’achat sur le neuf traînent la patte.

« Il faut arrêter de produire de nouveaux logements. Il n’y a plus de nouveaux commerces qui ouvrent à Dumbéa » déclarait récemment Georges Naturel. Qui ose entreprendre, qui ose investir quand l’avenir de l’industrie du nickel et donc de l’ensemble de l’économie calédonienne est aussi incertain ? Or tout dépend du nickel et de la capacité des uns et des autres à comprendre ce qu’il est possible ou non de faire.

Actu.nc