La lutte contre la vie chère en Nouvelle-Calédonie ne paraissait plus être une des préoccupations des pouvoirs publics et des acteurs intermédiaires. Les élections provinciales en 2019, les élections municipales en 2020, la seconde consultation sur l’avenir institutionnel, la crise du Covid et les remises en cause de la paix civile ont effectivement occupé les esprits autant que l’actualité. Pourtant, le problème demeure, avec certains coûts exorbitants de produits de consommation. Un sujet de nos partenaires Actu.nc.
Sur le sujet, la demande du gouvernement en milieu d’année dernière, à laquelle le membre du gouvernement en charge de l’économie n’est pas étranger, adressée à l’Autorité de la Concurrence, a structuré le débat sur la cherté de vie, et mis à jour l’ensemble des éléments concourant aux coûts de produits consommés.
Dès le 28 décembre dernier, l’Autorité indépendante produisait un rapport très fouillé et sans complaisance sur « le mécanisme de formation des prix des produits de grande consommation en Calédonie ». En clair, toute la chaîne menant les produits visés depuis le producteur jusqu’au consommateur a été analysée dans le détail. L’étude exhaustive concerne aussi bien le transport, les frais de port et de débarquement des marchandises, la distribution, les grossistes, et pénètre dans le champ des divers coûts jusqu’à ceux des personnels des entreprises.
Dans cet exercice de haute volée, quelques voyants rouges sont allumés, comme le coût de l’acconage sur le port de Nouméa ou l’incohérence économique de certaines protections de marché. S’ensuivent 17 recommandations pour lutter concrètement contre la cherté de la vie dont la moindre n’est pas la suppression du monopole d’importation de l’OCEF !
Lutter contre la vie chère une priorité
La lutte contre la vie chère, l’Autorité de la concurrence la classe au premier rang de ses priorités pour 2021. Elle donnera évidemment suite au rapport cité précédemment et qui constitue un document de réflexion et d’action inédit. « L’avis rendu par l’Autorité offre aux Calédoniens une lisibilité tarifaire de la chaîne de valeur qui constitue le prix au détail des produits de grande consommation. Il devrait également permettre d’aiguiller les négociations entreprises par le Gouvernement, par l’intermédiaire de la Direction des affaires économiques, pour améliorer le mécanisme du « Bouclier Qualité Prix » au bénéfice des consommateurs », écrit l’Autorité dans ses « priorités 2021 ».
Deux orientations sont clairement définies : d’une part, les inévitables facteurs exogènes liés à la spécificité géographique et démographique de la Nouvelle-Calédonie, considérés comme les déterminants inéluctables des prix élevés, et d’autre part, et surtout, les facteurs réglementaires et comportementaux de renchérissement des prix sur lesquels les pouvoirs publics peuvent agir. Parallèlement, l’Autorité de la Concurrence agira en direct, et au titre de ses compétences répressives, contre les « pratiques anticoncurrentielles ou restrictives de concurrence ». La suite relève à présent des Institutions et de leurs élus.
Actu.nc























