Après trois années record, les arrivées de touristes ont accusé une baisse de 5,6 % sur les deux premiers mois de 2026, par rapport à l’année précédente. La clientèle américaine est particulièrement concernée avec 18,4% de baisse. Les variations des programmes de croisière a joué, mais Tahiti Tourisme y voit aussi les premières conséquences des fermetures d’hôtels pour rénovation. La guerre au Moyen-Orient et la crise des hydrocarbures vont-elles faire encore chuter les chiffres ? Pas sûr : les niveaux de réservations entre avril et septembre sont plutôt bons, surtout sur le marché français. Le « climat d’incertitude » et les hausses de coût ont tout de même tendance à favoriser les réservations de dernière minute. Détails avec notre partenaire Radio1.
En février, la fréquentation touristique au fenua a baissé de 10,7 % par rapport au même mois en 2025. La diminution est de 5,6% sur les deux premiers mois de l’année avec 29 631 touristes à visiter nos îles ce mois de février : 22 801 en hébergement terrestre (- 2,5 %) et 6 830 en croisière intrapolynésienne (- 14,8 %). « La forte diminution des effectifs flottants s’explique principalement par la réduction de l’offre et l’absence de croisières additionnelles« , analyse Tahiti Tourisme dans sa dernière veille des marchés, ce qui impacte lourdement le nombre total de visiteurs. Des variations de programmes qui n’effraient pas le Tahiti Cruise Club, qui entrevoit une stabilité du nombre de passagers des bateaux de croisière sur l’année.
Mais la destination commence aussi « à ressentir l’impact des fermetures de plusieurs hôtels pour rénovations prévues au premier trimestre et tout au long de l’année, précise Tahiti Tourisme. En conséquence, certains tour-opérateurs et voyageurs choisissent de reporter leur venue jusqu’à la fin des travaux. » Après le Thalasso InterContinental de Bora Bora, le Sofitel Kia Ora de Moorea a entamé un cycle de rénovation complète. Le Conrad de Bora Bora est aussi en pleine montée en gamme, et le Te Moana Tahiti Resort est fermé depuis le 1er janvier. Des fermetures qui doivent être en partie compensées par la réouverture au 1er mars, de l’ex-Méridien de Punaauia, désormais Tahiti Lagoon Resort.
« Un climat d’incertitude et renforce les comportements d’achat de dernière minute »
Principal marché émetteur, avec 44,8 % de parts en janvier et février 2025 contre 38,8 % sur ces deux mois en 2026, les États-Unis enregistrent une baisse significative de 18,4 % de touristes sur les deux premiers mois de l’année. Le second marché émetteur, la France, reste de son côté positif avec 1,9 % de touristes en plus. Des chiffres mesurés avant le début de la guerre au Moyen-Orient et de la crise mondiale sur les carburants. De quoi faire plonger un peu plus les chiffres au mois de mars ? Pas sûr. D’après les chiffres du cabinet d’analyses ForwardKeys, cité par Tahiti Tourisme, 55 389 billets d’avion étaient vendus au 19 avril pour des séjours en Polynésie compris sur les six mois d’avril à septembre… Soit une hausse de 1,2 % par rapport à la même période en 2025. Chose rare, le marché français pèse pour près de la moitié de ces réservations, devant le marché états-unien en très léger retrait par rapport aux niveaux enregistrés à la même période l’année passée.
Mais difficile de savoir si ces niveaux de réservation seront cohérents avec la fréquentation touristique de ces prochains mois. Comme le note Tahiti Tourisme, le conflit au Moyen-Orient induit une « hausse des coûts liés au carburant qui entraîne des annulations de vols » et « des inquiétudes liées à la surcharge carburant », et entretient plus globalement « un climat d’incertitude et renforce les comportements d’achat de dernière minute et une attitude attentiste ». Y compris chez les voyageurs américains, qui réservent quoiqu’il arrive plus tard que les européens.
Préoccupations liées au transit aux États-Unis
Si la guerre en Iran ne peut pas expliquer les mauvais chiffres du début d’année, le GIE met en avant deux autres éléments qui ont pu jouer sur la fréquentation. Les « préoccupations liées au transit aux États-Unis », avec la mise en place de nouvelles mesures par l’administration Trump en début d’année, ainsi que la « période économique difficile » que traverse le Royaume-Uni, qui « pèse sur le pouvoir d’achat » de ses ressortissants. Le marché britannique qui a enregistré 18,6 % de touristes en moins en janvier et février 2026, par rapport à 2025, et a réservé moitié moins de billets d’avion sur les six prochains mois.
À noter enfin que ADT a publié des chiffres de fréquentation de l’aéroport de Tahiti Faa’a pour l’ensemble du premier trimestre, de janvier à mars. Des chiffres qui ne font pas la différence entre passagers résidents ou touristes, mais qui confirment une baisse du trafic international (-2%) sur le trimestre, accentuée au moins de mars (-4%). Le gestionnaire aéroportuaire lie ces résultats à « l’arrêt de la desserte de Delta Airlines depuis l’été 2025, passé de 26 fréquences en mars 2025 à aucune en mars 2026. De quoi « entraîner une baisse mécanique de la capacité et du trafic passagers réguliers ». Le trafic domestique a en revanche augmenté de 2% sur les trois premiers mois de l’année.
Par Radio 1





















