Polynésie : Le gouvernement local valide son plan d’action sur la politique de l’eau pour la période 2026-2030

Polynésie : Le gouvernement local valide son plan d’action sur la politique de l’eau pour la période 2026-2030

Cinq ans après le vote d’une « politique de l’eau » à l’Assemblée territoriale, le gouvernement a validé ce mercredi un deuxième plan d’actions couvrant la période 2026-2030. Une feuille de route qui passe par un soutien aux communes dans leurs projets en matière d’assainissement ou d’adduction en eau potable, par l’étude et la protection des ressources en eau, de plus en plus convoitées, une rénovation des stations d’épuration des logements OPH… Il s’agit aussi de développer des Services publics de l’assainissement non-collectif (Spanc), qui doivent enfin cadrer les équipements d’assainissements privés, qui échappe aujourd’hui à tout contrôle et dont les rejets participent à la pollution des rivières et lagons. Un sujet de notre partenaire Radio 1 Tahiti.

Le conseil des ministres a adopté un nouveau plan d’actions sur la politique de l’eau, qui couvrira la période 2026-2030. Une deuxième « feuille de route opérationnelle » qui visera toujours dans les grands objectifs fixés en 2021 à l’Assemblée de Polynésie : « sécuriser l’accès à l’eau potable, préserver durablement la ressource, et adapter la gouvernance aux réalités locales, dans un contexte de changement climatique et de pression croissante sur les milieux ». 

Le nouveau plan d’action prévoit d’abord la poursuite du soutien aux communes, compétentes en matière d’assainissement et d’adduction, avec le financement d’infrastructures et un accompagnement technique des collectivités. Elle prévoit en outre des aides directes aux ménages, notamment sur l’acquisition de citernes individuelles dans les archipels -un texte ayant déjà été voté dans ce sens ces derniers mois- et un plan de rénovation des stations d’épuration de logements sociaux.

Des mises en conformité nécessaires pour faciliter le déploiement des Services publics d’assainissement non collectif (Spanc), évoqué depuis de longues années dans les discussions sur la politique de l’eau pour lutter contre les pollutions et nuisances issues du manque d’entretien et de contrôle des fosses septiques de particuliers et petites stations d’épuration d’immeubles. 

Toujours inexistants en Polynésie mais très développés au niveau national, ces « Spanc » communaux ou intercommunaux organisent les contrôles décennaux de ces équipements, pointés du doigt dans la dégradation de la qualité des eaux de rivières et de baignade en Polynésie, développe des installations de traitement des boues de vidanges, la principale installations privés de ce type à Tahiti étant une fosse à ciel ouvert exploitée en dehors de tout cadre réglementaire à la Punaruu, et relèvent des redevances pour faire fonctionner le tout.

Le plan 2026-2030 renforce également les actions en faveur de la connaissance et de la gestion de la ressource : des études hydrogéologiques sont au programme pour « sécuriser les captages agricoles, évaluer la recharge des aquifères et prévenir les conflits d’usage dans les zones sous tension », les lentilles d’eau douce des atolls devraient faire l’objet d’une attention particulière, les zones humides devraient être mieux cartographier… 

« Le plan prévoit enfin une évolution structurante de la gouvernance de l’eau, avec une clarification et une meilleure articulation des compétences entre acteurs publics », précise le gouvernement, « la mise en place d’un cadre budgétaire programmatique commun pour garantir la cohérence des investissements et le lancement d’un chantier majeur de modernisation du cadre réglementaire ». Des textes sur la protection de la ressource en eau et sur la réglementation des eaux usées sont attendus de pied ferme à l’assemblée.

Le Pays, qui a élaboré cette nouvelle feuille de route, élaborée avec l’Office français de la biodiversité, l’AFD et les communes, évalue à 10,6 milliards francs le budget total de ces opérations sur la période visée, en comptant les financements du FED de l’Union européenne dédié à la politique de l’eau. Un chiffre qui n’est pas développé ni dans l’origine et la destination des fonds.

Charlie René pour Radio 1 Tahiti